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Ami entends-tu.... par Alocasia Affectez un tag à cette news
« Et dans cette tombe, avec la chaleur de mon corps, l’herbe avait poussé sur le sol ». Voilà un journaliste à qui n’échappe aucun détail…..Salvador Figueres, correspondant de guerre au quotidien catalan la Publicitat, raconte son hivernage forcé en ce mois de février 1939, au camp d’accueil de Prats-de-Mollo. Creuser un trou dans la terre était le seul moyen de ne pas mourir de froid. Pendant ce temps Franco pilonnait lentement mais sûrement jusqu’à la frontière des Pyrénées Orientales, des centaines de milliers de réfugiés tous plus ou moins Républicains. Les Rouges. La lutte planétaire entre le fascisme et le communisme se terminait en Espagne, et commençait dans le reste du monde. Et si mon beau-père était passé par là ? Oui, il a du y passer. Il en parlait de ce Cami de la Retirada. Mais j’avais 20 ans. Lui, 60. Je ne comprenais rien à ses histoires : il racontait avec son sens habituel de la dérision, qu'on lui faisait garder un canon en prison ! Alors il gardait le canon. Il n'avait pas le choix. D'ailleurs cet homme semblait n’avoir jamais eu le choix. Républicain par obligation génétique. Catalan, donc républicain, donc anticlérical. Je comprenais peu cette sorte d’association qui semblait également répandue d’un bout à l’autre de la Catalogne. Mais bon, garder des canons en prison, fussent-ils ceux arrachés à Franco... Sans doute les gens étaient-ils fous en ce temps là. Ce temps là, qui n’était pas le mien, pensais-je… Etrange sensation, ce parcours à rebours vers le Col d’Ares. Je pense à sa mélancolie souriante, à sa douceur, à son sens de la dérision qui n’avait d’égal que la lourdeur d’une vie toute entière consacrée à la fuite et au fatalisme. Fosse commune. Où ? Là, sous le VVF ! me dit avec une certaine gène cette habitante qui voit encore en mirage, canons et mitraillettes jetés dans les ravins proches. Le pharmacien du village avait, chose rare à cette époque, un appareil photo. Alors les preuves sont là, évidentes, irréfutables, de ce morceau d’histoire jamais énoncé dans nos livres d’école. « Et puis maintenant le gouvernement espagnol autorise l’accès à certaines archives….mais les gens ont encore peur, il y a encore beaucoup de franquistes vous savez » Bataille de l’Ebre. Le Verdun espagnol. Il a 19 ans. « C’est la géographie qui fait l’histoire » disait je ne sais plus qui…Napoléon sans doute. Alors la géographie a fait l’histoire de mon beau-père. Et la chiasse, aussi. Il n’est pas mort au front. Il avait la chiasse, et se trouvait à l’infirmerie tandis que les autres se noyaient dans le fleuve ou sous les bombes. Alors le destin avait choisi de l’envoyer sur les routes de l’exil. Vers Prats ? au Perthus ? ailleurs ? j’ai oublié. Puis les camps de concentration d’Argelès-sur-mer. Puis la fuite vers les Etats-Unis. Arrivé à New York, direct en prison. Renvoi vers la France. Nouvelle tentative d’évasion vers le rêve américain. Bateau arraisonné à Cuba. Re-prison. Re-extradition vers la France. Argelès sur Mer, L’Illustration 18 février 1939 n°5007: « Ce qui était le Casino de la modeste station balnéaire est devenu le centre des éclopés. Sur la plage, 5000, 10 000 hommes peut-être plus, profitent de la douceur de la température pour se baigner. On en voit sur 3 km de longueur ». Dis beau-papa, pourquoi ne m’as-tu jamais raconté la douceur de la température ? Nous continuons notre promenade vers Camprodon. De vagues souvenirs cherchent à me rejoindre. Il y a si longtemps que je n’ai pensé à lui. Promis à une belle carrière disait-on, tout de fierté catalane vêtu. Venu faire maçon en France. Puis il n’a plus rien fait de sa vie, tout juste trouvé à épouser une bretonne réfugiée à Paris après le débarquement de Sainte-Mère l’Eglise. Trop de parachutistes empalés sur le clocher disait-elle...Et puis les bombes, ça fait trop de bruit. C’est ainsi qu’elle était devenue sourde au chant de la vie. « Viva la muerte….Abajo la inteligencia » slogannait Millan Astray, fondateur de la légion et chef du service de sûreté publique de Franco. Ce qui en statistique a été traduit par 2000 médecins exilés, 1000 avocats, 500 ingénieurs et architectes, 243 écrivains et journalistes, 1 Picasso, 1 Pablo Casals, 1 Antonio Machado…bon j’arrête les chiffres. Enfin encore un tout petit : 1 Garcia Lorca qui n’aura jamais eu le privilège de goûter les vacances et la douceur de la température sur les plages du Roussillon. Mais Salvador Figueres constatait que la chaleur de son corps, faisait pousser l'herbe dans sa tombe. Ami entends-tu….. Source : Premiers Camps de l’Exil Espagnol. Prats de Mollo, 1939. Jean-Claude PrujaLes commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-20 03:45:46

paralysie par Tchouang_tseu Affectez un tag à cette news
le vent traverse mes mains depuis l’extrémité de la nuit y sont reclus désirs passés ombres figées sur la pierre l’épuisement aussi est une drogue puissante je repense à cette âme flétrie à force de privation cette chère dame du haut monde m’inocula le sang de la terre son bras malade achevait d’écrire mon histoire cessant d’appartenir à la boue chasse la rouille railleuse ris de l’art de l’apôtre dépossédé dépouillé de sa carapace Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-20 03:45:46

Le petit prince – hommage à mon arrière-grand-père (2) par Monicatop Affectez un tag à cette news
Le petit prince – hommage à mon arrière-grand-père (2) J'ai douze ans. Je suis dans le lit de mes ancêtres dans la maison de vacances de ma famille. La fenêtre de la chambre est ouverte sur l'air devenu frais du dehors. Il apaise la peau de mon visage chauffée par le soleil de l'après-midi. Le vent s'est mis à souffler un peu dans les arbres et la douce musique du ressac des vagues est maintenant plus marquée. Le grand chêne devant la maison pousse des soupirs mélancoliques. Je réalise pour la première fois qu'un jour Pépé va partir pour de bon. Je l'avais toujours regardé comme un être éternel, immortel, presque surnaturel. Il revient dans la chambre à pas feutrés. La douce lumière orangée de la pièce et la blancheur de ses cheveux rendent plus sombre encore sa peau brunie par le soleil breton. Pour la première fois, je regarde mon arrière-grand-père comme un mortel. Lorsqu'il s'asseoit à côté de moi, je vois les larges crevasses sur son front, la peau de son cou un peu pendante, les plis qui bordent ses yeux, qui me paraissent fatigués tout à coup. C'est un vieil homme, un très viel homme même. Ces mots claquent dans mon esprit « un très vieil homme ». Lui aussi me regarde et je sens qu'il sait ce que je pense. Pépé me donne toujours cette impression à la fois troublante et agréable de lire en moi. Il pose ma main dans la sienne. « Tu as vu comme ma peau est vieille et fatiguée et la tienne jeune et douce. Tu dois te dire que ton Pépé est bien vieux, hein? Non, enfin... un peu. Je suis vieux. Je le sais, rassure-toi. » Puis après un court silence, dans un souffle à peine audible. « Regarde cette peau, ta peau. » Il effleure de ses doigts le creux de ma main comme quelque chose de si précieux qu'on ose à peine le toucher puis reprend un ton plus haut. « Tu es toute neuve à la vie mon ange. La vie commence à peine pour toi. Ton corps est jeune, plein de vie, plein d'énergie. Mais plus que tout encore, c'est ton coeur qui est jeune. Quand tu regardes le monde, tu as encore les yeux qui pétillent mon poussin et c'est ça qu'il faudra que tu t'efforces de garder. C'est de ça que parle le petit prince. Tu ne pourras jamais arrêter le cours du temps sur ton corps et ta peau. Il deviendront, petit à petit, secs comme l'écorce des arbres. Petit à petit, tu deviendras une petite femme d'abord puis une vraie femme. Tu auras probablement de beaux enfants et puis, comme moi, tu vieilliras, petit à petit, mais ne t'inquiètes pas, c'est pour dans longtemps tout ça. » Ces yeux dont le plissement cachait la couleur me souriaient toujours avec la même tendresse. « Tu ne pourras rien contre ce vieillissement là. Là seule chose que tu peux garder jeune, c'est ton coeur. Mais comment faut faire pour garder son coeur jeune, Pépé? Et bien, c'est de ça que parle le petit prince. » Il marqua une pause encore avant de reprendre: « Ce que je fais là est un peu sacrilège. Un livre comme le petit prince, on doit normalement en trouver les trésors soi-même, années après années. Ils sont cachés et c'est ça qui les rend si précieux comme le puits dans le désert, comme le trésor dans la maison, comme la rose dans les étoiles, comme le petit prince dans le coeur du renard... Je dois trouver tout seul ce qui fait garder le coeur jeune, alors? Parce que c'est mieux de trouver soi-même. C'est ce que tu veux me dire? Oui, normalement. Mais ce soir je vais faire une exception. Je vais t'expliquer un peu ce que j'aime dans ce livre. » Il marqua une nouvelle pause un peu plus longue cette fois. Le vieux chêne poussa comme un immense soupir auxquelles les vagues répondirent. C'était comme le souffle du temps qui dévoilait sa présence. Pépé adorait jouer avec les silences sans doute était ce quelque part, pour lui, une manière de saisir l'instant et de pousser les autres à s'ouvrir à son intensité aussi formidable qu'éphèmère. « Le petit prince nous raconte que les enfants en devenant de grandes personnes oublient ce qui est important, ce qui est essentiel dans la vie. Il nous parle du roi qui ne pense qu'à imposer son autorité, qu'à jouer au chef. Il nous parle du vaniteux qui ne pense qu'au regard des autres, de l'alcoolique qui ne pense plus qu'à ses soucis et boit pour les oublier... Il nous dit que la plupart des hommes oublient de regarder la beauté du monde qui les entoure, qu'ils sont enfermés sur eux-même, par leurs obsessions ou leur égoïsme. Et puis tous les autres oublient de vivre eux aussi pour tout un tas d'autres raisons. Beaucoup d'hommes aujourd'hui oublient de vivre parce qu'ils veulent tout tout de suite. C'est encore plus vrai aujourd'hui que quand Saint Exupéry, l'auteur aviateur, a écrit ce livre. Les hommes courent à droite et à gauche, mais ne savent pas ce qu'ils veulent. Ils ont oublié ce qui est important. Ils ont oublié qu'il faut prendre le temps de vivre, que l'eau de la fontaine comme les cadeaux de Noël sont bien plus agréables parce qu'on les a attendus. Saint Exupéry nous rappelle l'importance de la patience. Mais Pépé, les enfants sont impatients, encore plus que les grandes personnes, non? Oui, tu as raison. Les enfants aujourd'hui sont devenus impatients parce qu'on ne leur a pas appris le plaisir de l'attente. Mais tu sais, même si tu es impatiente, je suis sûre que tu connais toi même la valeur de la patience. Tiens. Pense à l'autre fois quand je t'ai acheté des bonbons. Tu m'as dit que tu ne voulais pas tous les manger tout de suite, que tu en garderais la moitié pour le lendemain. Ah oui, c'est vrai ça! Parce que comme ça, tu étais contente juste de les avoir. Tu étais contente dans ton coeur... Ou alors quand on était à la plage, l'autre fois, et qu'on avait trop soif parce qu'on avait oublié de prendre à boire, et que l'eau fraîche était si bonne quand on a pu boire à la maison... C'était comme la meilleure eau du monde. Tu as raison. Tu as donc fait exactement la même expérience que le petit prince ma chérie! C'est vrai qu'on est bien plus content quand on attend un peu les choses. C'est vrai, quand j'y pense. Tu as raison Pépé. C'est pas moi qui ai raison mon poussin, c'est ce que raconte le livre qui est juste. Il explique que pour l'amitié et l'amour c'est pareil, c'est le temps qui donne sa valeur aux choses. Vous n'aimez pas vos amis ou votre femme parce qu'ils sont extraordinaires. Il y a très peu de gens vraiment extraordinaires d'ailleurs... Toi tu es extraordinaire Pépé! Je ne sais pas, mais même si c'était vrai, tu m'aimes et je t'aime parce qu'on a passé de bons moments ensemble, tous les deux, pas parce que je suis ou non extraordinaire. C'est ce temps là qui est « l'essentiel invisible pour les yeux ». La plupart des autres petites filles quand elle me regarde quand je marche dans la rue avec mon pas devenu un peu moins alerte, elles ne voient qu'un vieux papy, peut-être un peu plus enjoué que les autres, mais dans le fond cela ne fait guère de différence, elle ne voit qu'un vieux monsieur. Pour toi, je suis important parce que j'ai su te donner mon temps, parce que quand nous étions tous les deux, je n'étais qu'avec toi. Je n'étais pas à penser au prochain match de foot ou à des soucis ou à autre chose. J'étais avec toi, attentive à qui tu es, à ce qui compte pour toi. C'est ça l'amour mon ange. Si tu es comme ça avec les autres, tu auras beaucoup d'amis et tu seras très heureuse. J'ai pas compris Pépé. Il faut faire quoi exactement pour être heureuse? C'est une question bien compliqué, mais à mon avis, un bon moyen d'être heureux, c'est d'être vraiment avec les gens que tu aimes. Etre attentif à eux. Quand tu es avec eux il faut essayer d'oublier tes soucis, tes tracas, tes envies... penser à eux d'abord. Tu as toutes les autres heures de la journée pour penser à toi... C'est aussi quelque chose d'essentiel dans le thêatre, c'est sans doute pour ça que je le fais facilement. Tu sais, quand je joue une pièce ou un film, j'arrête d'être moi. Je dépose mes soucis, ma vie, ma fatigue et je revêts les habits et le coeur d'un autre. C'est en t'ouvrant aux autres que tu seras libre et heureuse. Quand tu es avec ceux que tu aimes, observe les avec amour, essaye de les comprendre patiemment, petit à petit, comme le petit prince qui s'approche du renard pour l'apprivoiser et si tu sais attendre suffisamment longtemps, ils t'offriront de merveilleux trésors. Tu veux dire qu'il faut être comme toi. Beaucoup regarder et attendre et pas beaucoup parler, mais moi j'aime beaucoup parler aussi... il faut pas? Je n'ai pas dit qu'il ne faut pas parler mon poussin. On peut observer même en parlant tu sais... mais tout ça est un peu compliqué peut-être. Je me demande maintenant si tu n'es pas un peu trop jeune pour pouvoir pleinement comprendre ce genre de chose. Pépé, je suis grande ou pas alors? C'est une sacré question que tu me poses là. Tu es très jeune encore, mais tu peux commencer à comprendre certaines choses déjà, et ce que je voulais te dire, surtout, c'est que grandir, ce ne doit surtout pas être devenir triste, sérieux, raisonnable, ne penser qu'à son travail, à l'argent... Bien grandir c'est surtout apprendre à mieux aimer les autres, grandir, c'est aussi savoir apprécier les belles choses comme les couchers de soleil ou les promenades en mer comme on en a fait cet après-midi. Bien grandir c'est savoir ne pas se refermer sur soi même et ne pas se laisser envahir par ses soucis pour mieux s'occuper de ceux qu'on aime et mieux apprécier tout ce qui rend doux la vie. Je me demande si tu n'es pas trop jeune encore pour saisir ce genre d'idées un peu abstraites. Tu comprends un peu quand même ma chérie? Oui oui! » Sur le coup, j'ai dit « oui, oui. » C'est vrai que dans l'instant j'avais un peu, comment dire, comme « senti » l'importance de ce qu'il me disait ou « pressenti », mais, bien sûr, dans le fond, je ne comprenais pas, je n'avais rien compris, strictement rien. Et puis, le tourbillon de ma vie m'a emporté. J'ai connu mes premières angoisses, mes premières amours, la frénésie de la vie adolescente... vous voyez très bien ce que je veux dire, j'en suis sure. Finalement, le destin voulut que ce fut la dernière fois que je fus seule avec Pépé. Je me demande parfois s'il n'était pas suffisamment connaisseur de la nature humaine pour avoir deviné qu'à l'adolescence, j'allais m'éloigner de lui. Aujourd'hui, je suis sure qu'il savait, qu'il avait deviné que jamais plus je ne serais seule avec lui et c'est pour ça qu'il avait pris le temps de me dire tout ça ,même si je n'étais pas encore prête à le comprendre. D'abord je l'ai beaucoup moins vu, tout simplement parce que je voulais partir en vacances avec mes amis de mon âge et puis lorsque je le voyais, il y avait toujours mes deux frères et mes cousins et cousines. Il posait toujours sur moi ce même regard tendre et compréhensif, même quand la maladie avait commencé à le ronger. Il était toujours là avec son silence et son amour. Moi, j'étais prise dans le bruit de la vie, dans l'égocentrisme de l'adolescence. Il a été emporté à l'hôpital pendant mes épreuves du bac. Mes parents n'ont pas voulu me le dire pour ne pas me « déstabiliser ». Quand j'ai pu aller le voir, il était dans le coma. J'aurais tant voulu lui parler, juste une dernière fois, lui dire combien je l'aimais, que je ne l'avais pas oublié, que je ne voulais pas l'abandonner, que j'avais entendu ce qu'il avait voulu me dire, que j'avais compris l'amour qu'il avait voulu me donner. Mais c'était trop tard: le temps est un don impitoyable. Et puis, je n'avais rien compris. Ce n'est que quand il est parti pour de bon, dans les songes de son coma, que j'ai compris vraiment. Je me demande si un drame de la vie ce n'est pas qu'on comprend toujours l'essentiel trop tard. Je suis trop jeune pour le dire, mais j'ai bien peur que ce soit une grande et triste vérité. C'est dans la chambre d'hôpital dans laquelle il allait s'en aller que j'ai compris ce qu'il avait voulait me dire sept ans plus tôt. Je l'ai compris lorsqu'en lui tenant la main, je mettais des mots sur les souvenirs des moments que nous avions partagé. Mes mots faisaient renaître ces instants et c'était comme les vivre à nouveau sauf que cette fois j'en comprenais la valeur et le sens. C'est alors que j'ai compris les trésors qu'il avait si patiemment semés dans mon coeur, l'amour qu'il avait su me donner et donner aux autres pendant toute sa vie. Le temps est quelque chose d'étrange. On le traverse parfois sans qu'il nous touche et puis d'autre fois, en quelques heures, quelques jours, on a le sentiment de devenir un autre. C'est l'effet qu'on eut sur moi ces quelques heures à lui tenir la main. Aujourd'hui, je crois que j'ai perdu un peu de mon coeur d'enfant, j'ai perdu mon insouciance naïve. J'ai enfin compris ce qu'il voulait me dire sur la vie, sur sa beauté, fragile et éphémère, sur l'importance d'être là, d'être avec ceux qu'on aime. J'ai comme tout compris d'un coup, comme si la connaissance des choses importantes vous ne l'intégriez pas petit à petit, ou plutôt, comme si cette connaissance des choses profondes et essentielles, vous la construisez bien en vous petit à petit, mais sans vous en rendre compte, inconsciemment, et que cette connaissance profonde se révélait à vous d'un seul coup lorsqu'un événement marquant de votre vie vous amenait à ouvrir les vannes de votre coeur. J'ai accompagné trois jours Pépé avant que son coeur ne s'arrête définitivement et le deuxième jour, il s'est passé quelque chose qui m'a profondément troublé. En sortant de l'hôpital, j'ai croisé une femme qu'il ne me semblait pas connaître mais qui me fixait étrangement. Je lui souris timidement. Peut-être que c'est une personne que je connais mais dont j'ai oublié l'identité... Et puis cette femme s'approche de moi et me prend les mains comme si j'étais une proche. « Vous êtes la petite fille de J., j'en suis sure. Vous avez son regard, le même regard... ». On ne le m'avait jamais dit et depuis tout le monde ne cesse de le répéter. Est-ce que comprendre certaines choses changent le regard que vous posez sur le monde? Je commence à me le demander... La vie me semble si différente depuis quelques semaines, à la fois si simple, si naturelle et en même temps si étrange, si absurde. Je ne sais pas si je suis plus heureuse ou non. C'est comme si la vie me semblait à la fois plus simple, plus belle et plus triste, plus riche et plus dramatique. Est-ce que c'est comme cela que Pépé ressentait le monde? Je ne pourrais jamais en être sure mais je me dis qu'il y avait peut-être un peu de cela en lui, dans ce qu'il voulait donner aux autres. En écrivant ces lignes, je repense à un plaidoyer humaniste d'un film dont j'ai oublié le titre qu'il avait joué au mariage d'un oncle avocat et qui se terminait par des mots qu'il aimait tout particulièrement: « Si un jour mon nom est glorifié que ce ne soit pas pour des choses futiles. Si un jour mon nom est glorifié, que ce soit pour l'amour que j'aurais su donner ». Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-20 03:45:46

L'Eve du douanier. par Profilperdu Affectez un tag à cette news
Sinueuse et ronde, sombre sous le feuillage vert phosphorescent, elle joue de la flûte, et ses yeux en amandes semblent vous appeler. Des serpents pacifiques ondulent en couleurs vives, sa chevelure d'ombre ondoie jusqu'à ses reins, pieds nus dans la forêt elle charme arbres et bêtes. C'est la femme sauvage, la femme du poète, raffinée, animale, instinctive et lettrée. C'est la femme sans tailleur, sans escarpins et sans coiffeur, c'est la femme- panthère noire, aux yeux d'émeraude, insondables. Elle est l'esprit de la forêt, la mère ancestrale, la soeur, l'être humain primitif et bon, l'animâme intelligent. Ici elle n'a pas sa place. Imaginez- la au parc, ou toute nue, au coin de la rue, perdue parmi les voitures ! Pourtant sous les pas pressés et les épaules corsetées des business- women stressées, elle est là, pulpeuse et gironde, secrète force qui nous fonde, déesse- mère, femme- monde. Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-20 03:45:46

Haine mère-fille, sans pudeur... par Ellive333 Affectez un tag à cette news
Ma mère a une maladie d’Alzheimer…depuis longtemps j’suis sûre…mais bon, diagnostiquée depuis seulement six mois, à un stade déjà bien avancé !....et tant pis pour elle….elle l’a bien cherchée…eh oui, elle va m’emmerder jusqu’au bout ! Ça a commencé par un syndrome de Gaujerot-Sjogren « Le syndrome de Gougerot-Sjogren (SGS) est une affection inflammatoire chronique caractérisée par une sécheresse oculaire et buccale définissant le syndrome sec. Le syndrome sec peut être associé à l'atteinte de différents organes. Sur le plan histopathologique, le syndrome de Sjogren se caractérise par une infiltration lymphoplasmocytaire des glandes salivaires. Le SGS est une maladie systémique ou auto-immune » Je schématise : un être humain (pour les animaux je ne sais pas…mais pourquoi pas !), atteint d’une maladie auto-immune, produit des anticorps qui attaquent ses propres cellules….dans une approche holistique, on peut considérer que la personne vit une telle culpabilité par rapport à son vécu, qu’elle s’auto-punit….et que bien entendu, elle n’a jamais réussi à se libérer de ses secrets qu’elle considère elle-même comme honteux, inavouables et finalement inexistants!.... Il y a dix ans, je constate cet état chez ma mère et je pense aux trois petits singes, « pas voir, pas dire, pas entendre » (ben oui !... elle est sourde en plus, après un évidement mastoïdien suite à une tumeur du rocher !)…et là je me sens coupable !...j’ai vécu un inceste …alors je lui en parle en espérant que je vais la délivrer d’un poids énorme de silence…un secret de famille…et qu’elle va guérir forcément !....mauvaise pioche !!!!....effet contraire….elle déclare un Alzheimer…histoire de tout oublier !!!!!....alors je comprends, c’est humain…… C’est sûr…si on était des Dieux, on ne se serait pas réincarner ! Mais bon, beaucoup de recul…par moments,... pas toujours…..et sauver ma peau parce que j'ai envie de vivre au grand jour moi!....grand ombre, grande lumière....et mordre avec plaisir... Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-20 03:45:46

Camden Town par Rut a baga Affectez un tag à cette news
Sur le marché de Camden Town, j’ai vendu tous mes tricots. J’ai dû les brader parce qu’ils étaient troués, que les mailles et les rangs sautaient partout. Même dans cet état, ils n’étaient pas encore totalement inutiles. À Camden Town on peut tout vendre, y compris son âme. J’ai vendu aussi les restes d’une vieille cabane que j’avais construite dans les bois et qui avait fini par s’effondrer. Rondins, vis et clous, une petite porte et deux minuscules fenêtres. On trouve là-bas des tas de vieux restes, et on peut vendre comme ça une grande partie de sa mémoire. À côté de moi, un type vendait des chagrins et des idées noires mais personne n’en voulait, sauf quelques rares branchés qui trouvaient très fashion de porter sur soi, accrochées comme des médailles, quelques petites idées noires bien nocives. Pour lui faire plaisir, je lui ai acheté un chagrin d’amour que j’ai aussitôt donné à une jeune fille qui en rêvait depuis longtemps mais qui n’avait jamais eu assez d’argent pour se l’offrir. Elle ne savait pas trop comment ça marchait. Elle voulait que ça fasse effet tout de suite. Je lui expliqué qu’elle devait le porter longtemps sur elle avant que ça n’agisse. Mais elle était trop impatiente, je ne crois pas que cela pouvait marcher dans son cas. Plus loin, une femme pesait les rêves qu’elle faisait la nuit sur une vieille balance en fonte et les vendait au kilo. C’était un beau stand et ça marchait très bien pour elle, parce qu’elle semblait vraiment avoir des rêves extraordinaires, joyeux et colorés. Au bout d’une allée, un autre proposait des pochettes-surprises remplies de mensonges et de vérités. On ne pouvait jamais savoir à l’avance ce qui allait nous sauter aux yeux, mais ça n’empêchait personne de se jeter sur les pochettes. Tout était dans la surprise. À la fin de la journée, avec les 30 pounds que j’avais gagnés je suis allée chez le marchand d’avenir. J’ai dû marcher un bon moment parce que tout ce qui tournait autour du temps se tenait à Camden Place, à l’autre bout de la ville. Lorsque je suis arrivée il remballait son matériel. Il avait tout vendu. - Pour être sûr de trouver ce que vous voulez, me dit-il, il faut venir me voir très tôt le matin, à l’ouverture. Il faut être parmi les premiers, sans ça pas d’avenir. Faute d’avenir, j’ai donné mes 30 pounds à un vendeur d’instants. J’ai pu en avoir deux, car l’instant est ici horriblement cher, c’est un véritable luxe. J’en ai sniffé un tout de suite, il avait bon goût, il était vraiment de bonne qualité. Ce fut un des plus beaux moments de ma vie. Le second je n’en ai pas besoin, alors je vous le donne. Si un jour vous allez à Camden Town et que vous rencontrez la jeune fille au chagrin d’amour, dites-moi ce qu’elle est devenue. Ruth Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-20 03:45:46

Avoir et être par Vingtneuftreize Affectez un tag à cette news
Erich Fromm revisited.... Avoir ce qu'on est, c'est tout ce qu'il reste. Quand on n'est que ce qu'on a, on n'est plus quand on n'a plus... Avoir ou être, pardon maintenant, c'est avoir et être...j'oublais. Si t'as pas, t'es pas non plus. Si t'as pas, t'as que le droit de diminuer, ça commence insidieusement par la taille du caddie, du jour au lendemain, il semble très spacieux, le yaourt y chante sa solitude, finies les parties à 6 ! Et puis, v'là le jean qui devient spacieux lui aussi, très spacieux, il dégouline façon baggy...marrant, t'as quarante ans, t'en fais quatorze...Bon, pour la taille du slip...t'improvises, tu dis que t'as inventé le slip-autocar, t'en mets quinze dedans, tu lances une mode, tu fais du co-slippage... Les cinq fruits et légumes, c'est « légumes des jours » ! Si on les répartit sur le mois, est-ce que ça compte? Et puis patates et pommes de terre, ça fait bien deux sortes de légumes, non? Y a que la voiture qui soit au régime hyper-calorique, elle se croit tout permis, elle n'avance qu'au champagne. Moi, avec, je lui sers des petits tours... Bon, tant pis...Maman, je viens te chercher à la gare à pieds, je meurs d'envie de tester ce parapluie pour deux acheté 1 € au vide-grenier...hein, ça te semble loin? Franchement, je te croyais taillée pour l'aventure! Et puis au moins, après cinq kilomètres, on sera fixées sur l'étanchéité ! Quoi? tu préfères ne pas venir ? Eh ben t'as raison, tiens, encore une chose que je ne serai plus: ta fille ! Avoir ou être, pardon, j'oubliais...Bon, c'est pas le tout mais là, je peux pas rendre l'invitation à Alice et Jean-marc et leur trois enfants ! Sont adorables, mais là vraiment, si ça continue, vais être obligée de coucher avec ma banquière...Eviter à tout prix ! Bon, ça fait quand-même un bail que j'aurais dû leur retourner l'invitation, là...je les appelle, non, je les appelle pas...Ils vont croire que je fais la gueule..Tant pis...Tant mieux...Encore une chose que je ne serai plus: leur amie. Il me reste...il me reste, dix doigts pour compter ce que j'ai...mais des doigts, j'en ai trop en fait...Est-ce que ça se revend un doigt? personne n'est intéressé? Sais pas moi, un doigt d'honneur, pourtant, ça a de la valeur...non, pas vous M'sieur le boursicoteur! Vous, je vous l'offre, je fais une promo ! Tiens, il me reste aussi le verbe avoir, celui là, on me l'enlèvera pas ! Je vais même vous le conjuguer au présent du grommelatif frustratif, rien que pour le goûter un peu: Je n'ai plus d'illusions Tu as encore de beaux yeux, tu sais ! Il n'aura jamais gain...de choses Elle a versé un avoir, puis une larme... Y a qu'une dent dans la mâchoire à Jean Nous nous sommes fait avoir Vous avez bien du souci, ma pôv' dame ! Ils ou elles en ont eu pour notre argent. Etre ou avoir? franchement, je sais plus..... Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-20 03:45:46

Pâtes et éthique par KAOLL Affectez un tag à cette news
C’est aussi le cas chez nous, flambée du cours des matières premières oblige, le prix du kilo de pâtes a subi une remarquable augmentation. Chez nos voisins italiens où les pâtes avant d’être un élément phare de la gastronomie sont surtout un produit de première nécessité, cette flambée là abasourdit les ménagères. A tel point qu’il y a quelques mois déjà, pour lutter contre le fléau, des propositions ont été faites au gouvernement, comme l’étiquetage du « triple prix » étendu à tous les produits alimentaires, avec l’indication des tarifs du producteur, du grossiste et du commerçant. A tel point encore que plus récemment, des experts de la consommation, ou plutôt de la relance de la consommation, se sont creusés la tête pour trouver d’autres solutions de génie, plus tendance... Et là, miracle, est apparu le ticket gratte et gagne… A première vue, rien de bien nouveau. C’est le même principe que chez le buraliste du coin sauf que ce ticket là qui coûte un euro se retire à la caisse des supermarchés. Et qu’en tentant le hasard, ce ne sont pas des espèces sonnantes et trébuchantes qu’on rêve de remporter, mais quelque chose qui permet de boucler les fins de mois. Du style un bon de 20 euros d’essence… Un chariot de course d'une valeur de 50 euros… Un petit carton rempli de 15 euros de produits nettoyants et de denrées alimentaires… Dans la hiérarchie des tirages, les pâtes, pour y revenir, ont une place royale. Du simple kilo gagné qui console les moins chanceux du grattage à la consommation annuelle d’un italien pur souche... Dans les supermarchés où même les promotions ne marchaient plus, il paraît qu’il y a la queue. L’idée a du génie. Mais les plus anciens se souviennent… Avant quand ils passaient à la caisse, on leur donnait le »guadagnone », une sorte de billet de loterie. Ils mettaient les courses au frigo, certains d’avoir de quoi manger pour une semaine, et, le devoir accompli, pouvaient encore rêver de gagner une semaine de vacances en Espagne ou aux Maldives… Face à la crise, les politiques en place dans la botte se veulent rassurants, argumentant que l’Italie a survécu à d’autres mauvaises périodes… Quant aux enseignes alimentaires principales, elles croisent les doigts, espérant ainsi remonter la pente. Oui, les temps sont durs ! Et il n’y a pas de quoi se moquer… Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-20 03:45:46

Du partage de la lumière... par Serenity Affectez un tag à cette news
Bonjour, Marcher, poser ses pas dans des pas plus anciens. Tantôt glisser sur le vent, tantôt le dos voûté sous le fardeau, crapahuter à grande peine. Des images, des sensations communes flottent, enveloppent les silhouettes. Les feuilles des arbres brûlées au soleil, s’élèvent tout autour, danse aérienne, écarlate et sanguine… Petit à petit, la lumière s’insinue dans les corps, pénètre au plus profond, éclaire ce qui restait enfoui, à l’abri des regards, le silence et la lenteur apaisante de la progression irradie les êtres, donne à l'esprit et au corps une nourriture spirituelle, une plénitude intérieure. N’y a-t-il pas en chacun de nous, quelqu’un qui cherche à nous parler, mais que nous ne connaissons pas ? Je crois que cette interrogation est l’étincelle qui fait que beaucoup débutent une quête spirituelle. Et le silence partout, mais un silence qui n'exclut pas, mais rassemble, unifie. Rencontre entre soi et soi, à la recherche d’une nouvelle conscience d’Etre. A la recherche d’une libération de notre esprit duel. Marcher en pèlerin, s'est un peu violer le miroir de son âme, chercher à s'accrocher comme un bateau ivre en pleine tempête à d'anciennes scories, avoir peur du vide, peur de se libérer, jusqu' à être déposé par une vague propice vers une terre plus hospitalière. Marcher, s'est entrer en un rêve abolissant les frontières, ouvrir les portes d'un monde parallèle où l'âme se regarde, l'espace d'un instant en accord avec la Nature… sa nature. Une marche pour guérir, se ressourcer, se recentrer, s'ouvrir à soi, pour mieux s’ouvrir aux autres. Nous sommes dans nos vies, malgré nous des exilés involontaires, vivant dans un état d'apesanteur, d'incomplétude existentielle. Le pèlerinage quel qu'il soit est un parcours initiatique éprouvant, érosif, faisant naître une aube plus sereine, plus lumineuse, plus authentique à l'aune de nos existences qui se cherchent, sans se trouver. S'engager dans une voie nouvelle, apprendre à se donner la main sans se toucher, par le regard, la pensée. Se regarder dans le miroir, sans détourner le regard un instant, accepter ce que l'on y découvre, voir par-delà les apparences, sans jugement. Aller chercher l'invisible, l'indicible, tout ce qu'il y a de silencieux dans nos paroles, d'impalpable dans nos actes. Il nous faut faire l'apprentissage de l'Autre. Pour récolter l'Amour, il faut le semer autour de soi. Nous ne sommes pas si dissemblables les uns des autres. Même si nos vies ne tiennent qu'à un fil, contre vents et marées, nous nous accrochons à notre sort si douloureux soit-il. Les pèlerins cherchent à bâtir sur les chemins de St Jacques de Compostelle, un pont immatériel entre leurs aspirations et leurs existences. Quête à la rencontre de soi-même. Marcher pour oublier, comprendre, pour faire sens, se poser, se reposer, se perdre dans les méandres de sa mémoire, se heurter à soi-même, se cogner aux parois de son âme, se retrouver pour enfin laisser entrer plus de lumière en Soi, plus de paix… L'important, c'est le chemin : savoir d'où l'on vient et où l'on va. Qu’il soit celui de la joie, de l'espérance, de la souffrance parfois, tous le ressentent intensément en arrivant au bout du périple. Chercher n’est-ce pas avoir déjà trouvé ? Que celui qui cherche, soit toujours en quête, jusqu’à ce qu’il trouve. NB : Les chemins de Saint Jacques de Compostelle sont depuis plus de 1000 ans les plus fréquentés de la chrétienté occidentale. Depuis la Reconquista espagnole qui permit aux chrétiens de la péninsule ibérique de se libérer définitivement de la présence musulmane (en 1492 avec la prise du royaume de Grenade). La légende attachée à ce lieu veut que le corps de l'apôtre "Saint Jacques le Majeur" envoyé après la mort du Christ en Occident repose en la cathédrale de la ville, mais ceci est une autre histoire. Serenity. Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-20 03:45:46

Aban-don par Diotime57 Affectez un tag à cette news
Au commencement gît ce besoin impérieux d’écrire, d’accompagner ce cri sur le point de surgir et d’en finir avec ces pensées qui s’épuisent, ce sensible sans gouvernail qui voudrait gouverner … "Il vient de loin Il vient du ventre Il monte Je ferme les yeux, l’attends, l’autorise " Au tournant de la ligne naît un autre désir : celui d’être prise, aimée, caressée, regardée, de peau contre peau, de douceur domptant ma violence, un désir de jouissance qui dévaste tout … Il vient de loin Il vient du ventre Il monte Je ferme les yeux … Ce soir je m’abandonne Je me perds dans ces méandres, Je me glisse dans ces gouffres, Et je ferme les yeux. (La partie entre guillemets provient d'une première version écrite un peu plus tôt dans l'après-midi et inachevée) Chez Actes Sud : Antigone (Le cri pp. 183-203) Oepide sur la route (La vague pp. 101-139) Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-20 03:45:46