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Ombre et lumière par Auborddufleuve Affectez un tag à cette news
Etonnement naïve ces attitudes qui consistent à s’arrêter sur des sigles, des idées sans même s’intéresser aux individus. A se demander parfois si une telle négation des individus n’est pas porteuse de la pire des dictatures, celle de ceux qui sont convaincu de détenir la vérité ? Les pires ordures ont toujours été persuadées de la détenir…… J’ai eu deux potes qui votaient FN. C’est vrai, c’est pas beaucoup, c’est vrai aussi que les idées véhiculées sont très loin d’être celles que je préfère. Michel G….il votait Le Pen, on passait nos journées à se disputer ; Un sale con vraiment. Un jour je me suis retrouvé en prison. Parmi tout mes collègues et connaissances c’est le seul qui a osé venir me voir dans cette tôle du moyen orient où il risquait de se retrouver retenu lui aussi… Il avait même cru bon de m’emmener des oranges… Vraiment un sale type ! Roland G…….. Lui aussi votait Le Pen. Un jour je suis allé manger chez lui. Un dimanche. Son appart rempli de Nord Africains, de Kurdes, de Comoriens. Une atmosphère chaleureuse comme au bled. Une véritable fraternité entre voisins. Alors voila. Je me demande si ceux qui sont prêt à sortir le sigle FN comme une injure en ont déjà croisé des électeurs du FN ? Et si ce petit message pouvait leur permettre de s’intéresser aux autres en dehors de toute idéologie ça leur ferait peut être du bien de sortir de la prison où ils ont cru bon de s’enfermer. Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-27 04:46:26

C'est pas gagné ! par Dilettante Affectez un tag à cette news
Non ! Quand un cafard s’aventure ingénument dans mon bureau, je dis que je le connais, qu’il s’appelle Jean-Michel et j’interdis formellement à quiconque de lui faire le moindre mal. Ce qui réduit de manière cataclysmique mon prestige auprès du personnel féminin. Qui aime bien couiner devant tout ce qui est petit insecte qui crapahute, grouille, rampe, etc. alors que dans un avenir peut-être pas si lointain, au train où vont les choses, elle devront se résoudre à en manger ! Ha, ha, ha ! Mais franchement, moi, ça ne m’empêche pas de dormir et de regarder par la fenêtre. Bien au contraire. À travers les vitres poussiéreuses de mon bureau, je n’ai pourtant rien d’autre à voir qu’un autre immeuble de bureaux dans les vitres poussiéreuses duquel se reflètent les fenêtres de celui où je passe mes journées. Effet vache-qui-rit garanti. En face donc, les locaux d’une chaîne de télé. Ce média dont tout le monde se plaint mais que tout le monde regarde (ou presque...). On pourrait se dire que plus ils passeront de conneries moins y aura de téléspectateurs, mais j’ai bien l’impression que c’est le contraire. Sur le toit, donc, des groupes d’antennes et de paraboles guillerettes font leur boulot et balancent tous azimuts leurs programmes consensuels. Souvent hélas plus cons que sensuels. Pas étonnant dans un paysage audiovisuel où plutôt que de les enterrer, on empaille des animateurs sexagénaires pour nous faire croire qu’ils sont toujours vivants ! À d’autres ! Dehors, très peu d’activité, si ce n’est de temps à autre, deux étages plus bas, les borborygmes mécaniques d’une bagnole nerveuse ou d’une fourgonnette pataude qui passe une vitesse avant d’accélérer en se dirigeant vers la sortie du parking. Si je me levais, en allant à la fenêtre, je pourrais connaître leur direction. Mais pour ce faire, il faudrait que je me penche au-dehors ce qui ferait que du couloir le fameux personnel féminin de base pourrait mater mon postérieur et se ravigoter la concupiscence en pensant « Il est peut-être assez bargeot pour défendre les cafards mais je lui mettrait bien une main au cul ! » Vous avez comment elles sont devenues, les femmes, de nos jours ! À force de réclamer les mêmes droits que les hommes, elles en copient hélas aussi les perversions... Donc, pas question ! Merde, un peu de respect, jeunes effrontées, vous savez bien que depuis quelques semaines, je suis grand-père et je ne suis pas sûr que mon petit-fils verrait d’un très bon oeil qu’on mette la main au cul de son papy !... Parenthèse : à ce propos, petit gars, je croyais t’avoir dit que je voulais pas que tu m’appelles papy quand il y a des dames !... Et c’est pas la peine de faire semblant de dormir quand je te parle ! À peine deux mois et déjà chieur : mon portrait tout craché ! Mais passons. Après tout, savoir où vont ces maudits véhicules n’est pas si important. S’ils tournent à droite, ils rejoindront les troupeaux du périph. S’ils tournent à gauche, c’est la banlieue, ses terres inconnues et le danger toujours présent de ses farouches indigènes. S’ils vont tout droit, c’est la vitrine d’une agence bancaire nichée au pied d’un immeuble de quinze étages et à moins d’avoir fait récemment de mauvais placements et d’en vouloir à son conseiller financier, je vois pas l’utilité de choisir cette option. Ce matin la radio annonçait autour de la ville plus de vingt kilomètres de bouchons... Tiens, à propos de bouchons, ça me fait penser que dans un mois, à peu de chose près, ce sera le Salon des vins des Vignerons Indépendants et que, comme tous les ans, j’y accompagnerai une amie qui chaque fois profite de l’occasion pour regarnir sa cave. Au cour de nos déambulations, nous mangerons le traditionnel sandwich au foie gras (et au prix exorbitant) tout en dégustant ça et là dans les allées quelques petits gorgeons qu’après les avoir fait tourner sept fois dans le verre et s’être rincé les dents avec, nous recracherons dans les seaux prévus à cet usage. Et si pour la plupart, ça reste assez facile, on rencontre parfois quelques spécimens qui ont du mal à viser et près desquels il vaut mieux garer ses bas de pantalons. L’autre intérêt de cette manifestation étant de recevoir à l’entrée du Salon un joli verre à dégustation qu’on peut ramener chez soi et avec un peu de chance garder intact jusqu’à l’année suivante (mais c’est pas facile, parce qu’ils sont assez fragiles). Tiens, en parlant de verres, il y a une chose qui m’escagasse depuis quelques temps c’est la mode chez certains restaurateurs d’imposer sur les tables des verres de plus en plus surdimensionnés. Certains doivent bien friser le demi-litre et le ridicule par la même occasion ! Toujours plus grand ! On se croirait en Amérique ! Espérons que ce n’est qu’un effet de mode et que bientôt on reviendra à des tailles plus raisonnables pour nous autres européens, gens posés, élégants et délicats que nous sommes. Dehors, un soleil automnal m’invite à sortir. Alors quoi ? Continuer à écrire ou sortir prendre l’air ? Cornélien... Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-27 04:46:26

Se battre comme une chiffonnière par Jules Félix Affectez un tag à cette news
Hier, il y a eu une grande dame qui est morte. Elle aurait "dû" devenir centenaire le mois prochain. Un âge si canonique, cela donne le vertige. Surtout quand on est capable, dans quelques décennies, d’être canonisée… Étrange que cette femme si ridée, si bout-de-ficelle mais si rayonnante, si pétillante, ait été connue si tardivement. Une analogie grotesque mais qui ne se limitera qu’à l’âge de la retraite. Comme Pétain, Sœur Emmanuelle n’a vraiment commencé sa vie particulière qu’à sa retraite. Avant, elle n’était qu’une femme finalement très ordinaire. D’abord, gamine dissipée dans une famille bourgeoise qui ne pensait qu’à acheter des chapeaux à la mode ou à flirter avec de beaux mâles. Elle s’amusait même à s’imaginer en sainte, comme n’importe quelle adolescente en mal avec la modestie. Et pourtant, à vingt ans, elle préfère devenir religieuse à épouse dans une famille traditionnelle. Pourquoi ? Parce que justement, elle connaît ses défauts, ses caprices, ses indisciplines et pense peut-être que Dieu, son seul absolu, pourrait l’aider à garder la ligne droite. Ensuite, elle enseigne la littérature. Elle a une culture solide, ce qui encourage la supérieure d’un lycée d’Istanbul à la recruter pour des élèves plutôt huppés de la ville. Ce qu’elle apprécie moyennement, elle aurait préféré bosser parmi les pauvres. Ce n’est qu’à l’âge de sa retraite qu’elle se dit que vivre avec les miséreux serait pour elle un gage de liberté et d’épanouissement. Au début des années 1970. Apparemment, elle ne commence à n’être connue en France que vers 1990 où elle séduit les plus grands animateurs de télévision. Comme d’autres animaux médiatiques, Sœur Emmanuelle aussi a la grosse tête. Elle s’en est rendue compte et a réussi à se modérer, mais son attractivité médiatique lui permet aussi de donner plus d’écho à ses actions et à ses demandes d’aide. Elle doit cependant rentrer en Europe en 1993 car sa hiérarchie considère qu’elle est trop âgée pour vivre au milieu des détritus. Elle continue à aider là où elle se trouve alors. Petit bout de bonne femme. L’air de rien. Secouant ses interlocuteurs. Loin d’un politiquement correct. Au contraire. Elle sait choquer pour séduire. Elle sait percuter là où ça fait mal : en plein cœur. Par exemple, alors que Chirac la décorait, elle lança à Mgr Lustiger, habillé de sa robe luxueuse de cardinal : « Croyez-vous que l’apôtre Pierre portait une telle tenue ? » Son humilité, c’était de connaître ses défauts. De se savoir gourmande, capable de faire n’importe quoi pour du chocolat noir ou une glace à la vanille… Heureusement, sa foi en l’humain, sa foi en Dieu, son inoxydable optimisme ne l’égarait pas dans le superficiel. C’était en effet une femme qui savait distinguer l’essentiel du futile. Malgré toutes les tentations humaines auxquelles elle était soumise, comme tous les autres humains. Des êtres exceptionnels comme elle, il doit y en avoir beaucoup parmi les anonymes et les petites gens. Mais elle a eu au moins le culot de se confronter aux puissants pour hurler sa colère contre l’injustice. Sans timidité. Nota : Il paraît qu’elle a fait beaucoup de bruit dans les informations télévisées d’hier soir (je ne regarde pas la télévision), mais une chose est sûre, ceux qui critiquent qu’on en parle trop feraient bien de regarder ce qu’ils ont fait pour réduire la misère de notre monde, car Sœur Emmanuelle, elle, a beaucoup agi et mérite d’être montrée en exemple. Ou feraient bien d’éteindre la télévision et de ne pas lire ce commentaire (c’est peut-être un peu plus facile). Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-27 04:46:26

trois petites lettres........et puis s'en va ! par Croqui Affectez un tag à cette news
J’aime bien « la matinale » le matin sur Canal. C’est gratos, léger, pas trop guindé, on y croise Borloo, Ségolène, Parisot, Copé…… tous ces mecs et ces nanas grâce auxquels la vie, demain, sera meilleure. Et puis, régulièrement, on y a de petites infos rigolotes Par exemple, ce matin : « un violeur récidiviste vient d’être remis en liberté à cause d’une erreur de frappe. On a écrit « infirmer » au lieu de « confirmer » . Le violeur est désormais en liberté sous contrôle judiciaire » Ainsi donc, la justice est ainsi faite qu’il suffit que trois petites lettres espiègles jouent à cache-cache pour qu’un prédateur dangereux échappe à la coercition ? Je rêve ! Il faut des années de mobilisation, d’enquêtes, de pleurs, de souffrances (je ne cause pas du fric que ça coûte) pour que les injustement accusés d’Outreau retrouve la liberté, pour que l’injustement accusé Patrick Dills retrouve sa dignité, et il suffit que trois petites lettres, même pas majuscules, fassent la ronde pour qu’un violeur se retrouve dans la nature ? Ce n’est pas la première fois que pareille bévue se produit. Ce qui me met hors de moi, ce n’est pas qu’une erreur pareille se produise. On ne va pas accabler celui ou celle qui, distrait par un collègue, un SMS importun ou une préoccupation personnelle a fait cette énorme faute de frappe. Ce qui est insupportable, c’est que la machine judiciaire ne sache pas pondre un courrier qui pourrait être celui-ci : Monsieur le présumé violeur récidiviste, Nous sommes au regret de constater qu’une malencontreuse faute de frappe dénature de façon importante le sens que nous avons voulu donner au document en référence. Nous vous prions donc de bien vouloir considérer celui-ci comme nul et non avenu et joignons à la présente le document dûment rectifié. Avec nos excuses Rachida Juste un problème: Je vous fous mon billet que si Rachida fait ça, toute la magistrature descend dans la rue. Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-27 04:46:26

Le meilleur moment... par Profilperdu Affectez un tag à cette news
Il paraît que le meilleur moment... Eh bien oui, c'est quand on monte lentement, avec hésitation, réticence et crainte, l'escalier d'un premier désir. La balance penche toute du côté du pas possible, et pourtant le désir appuie sur l'aiguille, au mépris de toutes les règles de la gravité, et les marches si hautes et si décourageantes vous soulèvent soudain par bouffées telles d'accueillants et aériens nuages. Il est trop beau, pas assez sage, trop joueur, trop jeune, provocateur, fuyant, puéril, hautain, que sais- je encore, de quels défauts rédhibitoires vais- je encore le parer avant même de le connaître, afin de bien barricader mon coeur ? Je suis trop ceci et pas assez cela, et puis d'abord je ne veux rien ni personne, c'est bien pour ça que je suis là, n'est- ce pas ? Mais ma pôv' fille qui trompes- tu ? Même pas toi ! Ouais ben justement je déteste être une pôv' fille, alors bye et réfugions- nous dans le rêve et les subtilités lexicales, ça mange pas d'pain et ça remue pas les hormones. Quoique. A un certain stade de frustration, de reniement de vos pulsions, même le Bescherelle vous remuerait les hormones... Eros soit loué, fiston fait une grosse crise régressive, et geint pour que je lui apporte son ours, plus quelques câlins- vespéraux- qui- cassent- le- dos- au- bord- du- lit. C'est pas encore ce soir que je cèderai à la tentation. Pourtant, c'était bon... Enfin, ça a failli être bon. Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-27 04:46:26

dur de vieillir ! par Croqui Affectez un tag à cette news
Giuletta ! Ecrivaine à succés Jolie femme moderne et libérée Trop libérée pour s’encombrer d’un mari. Les amants défilent. Ces cons ne se contentent pas de baiser, ils lui font des petits. Plein de petits. Quatre garçons et trois filles sans pères. Ca ne sert à rien les pères. Giuletta adore ses enfants, les enfants adorent Giuletta et tous se retrouvent régulièrement dans La Villa. Les enfants grandissent, certains se marient, ont des enfants, La belle Giuletta multiplie les escapades et les amants. Jusqu’au jour où. Le cerveau de Giuletta a des ratés, quelques absences, des incohérences. Elle envisage de vendre ses souvenirs, accueille ses proches, leur raconte une histoire et prends des sous. La fratrie observe avec stupeur les stigmates de la démence envahir l’esprit de la mère adorée. Il est hors de question pour eux de confier Giuletta a une institution Ils sont sept, et vont se relayer, tous les jours pour choyer, nourrir, laver, aimer cette mère qui les ne reconnaît plus. Lors de ces gardes à La Villa, ils découvriront les carnets intimes de Giuletta, quelques secrets sur sa vie et sur la leur. C’est une belle et douloureuse histoire que nous raconte Anne Bragance. La fratrie n’en sortira pas indemne. C’est tellement difficile pour des enfants, fussent-ils adultes, d’assister à la déchéance irrémédiable d’une mère (ou d’un père) adoré. Merci à Toulebato Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-27 04:46:26

Mishima... par Asulon Affectez un tag à cette news
Le Pavillon d'Or fut l'occasion pour moi de découvrir Mishima. Je connaissais l'oeuvre la mort terrible (pour nous occidentaux) et pourtant exemplaire par laquelle, en 1970, Mishima a tenté de rejoindre, totalement, ce vide (qui nous est tout aussi inconnu) métaphysique qui a tout au long de sa vie accompagné cet auteur japonais. Ainsi la confession d'un masque peut apparaître comme une oeuvre programmatique à laquelle le soleil et l'acier met un terme. Entre le bonze du temple, l'enfant, l'ado masqué de la confession et la puissance cathartique de la mer de la fertilité, l'acier que l'homme au sommet de son art soulève est l'ultime préparation physique et mentale de refondation et de libération psychique que libère l'obsession du seppuku. C'est un homme à l'esprit et à la peau à vif qui accompagne dans sa mort le crépuscule d'un Japon qu'il souhaitait éternel dans ses traditions multi-séculaires. Une telle inadaptation est largement partagée par les auteurs que j'estime (et pas seulement), singulièrement Dagerman... malheureusement trop svt oublié... Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-27 04:46:26

Ils ne nous auront pas par Funambule55 Affectez un tag à cette news
Je ne vais pas essayer de faire « beau », je ne vais même pas tenter de vous plaire. J’ai juste envie de vider mon sac. Ce soir, fallait que ça sorte. Les histoires de cul de DSK, je m’en contrefiche ! La robe « bobo » de Ségolène, pas moins ! Que la première dame de France soit belle, chanteuse, c’est pas mon problème non plus. Que notre Président fasse moins d’un mètre 60, ça me fait même plus rigoler. Et puis, les histoires d’égos des différents candidats à la direction du PS m’emmerdent profondément ! Ce qui me fait rager c’est qu’on nous prend pour des gogos, et qu’à force, on le devient ! Vive l’info du jour ! Celle où l’on n’apprend rien de ce qui est vraiment important, celle qui nous détourne des vrais problèmes et de ce que vivent ceux qui nous entourent ! Ceux qui ne font pas l'actualité. Et pendant ce temps-là on fait quoi ? On se laisse tous baiser ? On se renferme dans notre petit confort avec nos petits problèmes et on laisse le monde s’écrouler ? J’ai vécu, cette semaine, une expérience humaine d’une grande force…Un papa Philippin (en France depuis 10 ans) a été embarqué au centre de rétention du Mesnil Amelot en Seine et Marne, alors qu’il amenait sa petite fille à l’école maternelle, quartier de la Goutte d’or à Paris. J’en ai été avertie par une amie qui est directrice de cet établissement et qui cherchait le soutien de tous ceux qu’elle connaissait. J’ai donc tout laissé en plan pour être présente. Quand je suis arrivée, il y avait là plein de parents de toutes origines, une belle foule bigarrée, qui criaient pour qu’on libère cet homme. Mais au moment où j’arrivai sur les lieux…le fourgon est parti. Nous nous sommes alors tous mobilisés, après nous être partagés dans les voitures présentes, et nous avons suivi le fourgon. Arrivés là, nous nous sommes battus une bonne partie de la journée, pour que ce papa puisse être libéré, pour que sa petite fille le retrouve le soir à la sortie de l’école. Et, croyez le si vous voulez, mais nous avons gagné ! Le papa sorti, tous ceux qui étaient là (une trentaine de personnes) se sont jetés dans les bras les uns des autres en pleurant de joie. Tout en étant conscients que si nous avions gagné une bataille, nous n’avions pas gagné la guerre… Et bien, vous savez quoi ? C’est là que je me suis dit qu’ils pouvaient bien tout foutre en l’air, mais que cette humanité là, cette solidarité là, ils ne pourront jamais nous l’enlever ! Des expériences comme celles-là vous remettent le cœur à l’endroit… Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-27 04:46:26

à l'inconnue que je n'ai pas aimée par Ritale Affectez un tag à cette news
Je le savais depuis longtemps, je sais tout d'ailleurs; surtout quand c'est cuit. Je le savais parce qu'avant même de naître, j'étais déjà la fuite de ma mère. C'est grâce à moi d'ailleurs qu'elle s'est barrée. Pliée dans son ventre comme un sac, il me souvient que j'avais l'oeil rivé à son nombril et que la lucarne laissait filtrer un peu de cette Vérité du dehors qui n'intéresse ni les poissons rouges, ni les baleines, les cachalots, les rascasses, les requins marteaux et toute la clique aquatique qui se fiche bien des catégories et des clivages, du thétique, du non-thétique, du molaire ou de l'articulaire. Dans la flotte on EST et on ne gagne rien à le savoir. L'oeil mi-clos fasciné par la lueur glauque qui me parvenait du Dehors, j'étais tout: ce qui m'avait précédé et ce qui allait suivre. Ma grand-mère me faisait coucou: "allez! ça va aller ! tu verras! quelques enjambées par dessus les tranchées et hop! tu connaîtras mes bras immenses." Une fois morte elle était devenue poulpe et elle visitait les océans peinards. Moi je savais déjà que j'allais bien ramer avant d'être enfin engloutie par la vague qui tout défait. Chiffonnée dans le ventre de ma mère donc, j'étais un gargouillis acide et je bossais dur déjà pour lui envoyer par transmission ombilicale les projets grandioses qui allaient changer sa vie et lui rendre la liberté, une fois qu'elle m'aurait larguée. Il le fallait. J'ai comploté les rêves maternels; l'amant avec lequel elle s'est fait la malle dans sa Simca 1000, c'est moi qui l'ai repéré in utéro. Avant même de naître, je comprenais ce qui plongeait ma mère dans le chaos, prisonnière qu'elle était de cette faculté de jugement altéré par l'intelligence, la raison, le discernement... D'ailleurs elle savait même pas que j'étais déjà un embryon, elle savait pas encore qu'elle était enceinte la cruche! Lorsqu'elle a compris que je l'envahissais de l'intérieur, elle a plongé la tête dans la baignoire et elle a hurlé! putain qu'elle disait, c'est ma cinquième grossesse en six ans! jsuis foutue! je veux pas qu'elle disait. C'est alors que je lui ai soufflé que j'étais sa chance, j'étais la goutte d'eau qui annonce l'orage, l'éclair qui tranche et fait place nette! après moi tu verras tu seras libre. J'étais devenue sa complice, une alliée tellement intime de son désir de vent et de large qu'elle devait me laisser grossir. Et je l'ai patiemment amadouée en lui soufflant des plans d'évasion. Alors elle m'a laissée boire sa nausée jusqu'à ce que mon poids me rendre viable pour cette vie, me maudissant de survivre tandis que je lui donnait l'énergie de tout plaquer et de flotter cheveux déliés sur les routes de Flandres en criant Youpi. En attendant ma délivrance, je redoutais son sein vide, heureuse pourtant de frissonner dans ses frissons et de rire dans ses rires. Elle était la chair de mon coeur. Elle est partie après ma naissance et je ne l'ai jamais revue. Qu'elle soit remerciée pour avoir osé le pire. Je ne lui en veux pas: sa liberté est la mienne. Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-27 04:46:26

destin croisé. par Profilperdu Affectez un tag à cette news
Enfant, je fus marquée par ce mince livre cartonné, aux Editions des Deux Coqs d'Or, "Blanche- neige et Rouge- rose". Deux jeunes filles aux robes anciennes, chacune à l'ombre d'un rosier de même couleur que sa robe: l'un blanc, mon préféré, l'autre d'un rouge capiteux, fascinant. Je grandis, affamée de pureté comme de sensualité, ne sachant entre les deux décider. J'écoutai les voix blanches de Purcell dans des orages d'orgasmes, me livrai aux fantasmes les plus extrêmes dans une pureté d'amour quasi- religieuse. La littérature asiatique, très tôt, me donna la clé de ce contraste, sang sur neige, feu et glace, chasteté obscène. Une folle ambition de blancheur, exhaussant une soif de jouissance sans limite. Je décidai d'appeler cela "amour", et le cherchai. Les hommes face à moi tentèrent de comprendre, et de m'offrir cette gageure, mais soit le blanc tombait dans la fadeur, soit le rouge virait au sordide. L'alliance intime des deux pôles parfois fut consommée, plusieurs années, même, dans un équilibre suspendu, miraculeux, mais nous brisâmes cette oeuvre d'art dans un accès d'attirance pour le noir. Oeil au beurre noir, brassée d'oeillets rouges et blancs : sans un mot il avait compris. Depuis, captive de ce Graal, nostalgique de cette acmé, la fine pointe que je cherche bascule sans cesse de l'éthéré au trivial, l'âge vient, grimace sur la toile blanche comme sur la soie rouge, et je crains de devoir renoncer. Un jour il s'approchera, il comprendra la pureté et l'avilissement, le règne et la soumission, la pudeur et l'avidité, l'un sans cesse rachetant l'autre, l'autre sans fin nourrissant l'un, un jour, de rose rouge au coeur d'insecte, de rose blanche au coeur d'enfant. Les commentaires lecture de Pointscommuns.com, 2008-10-27 04:46:26