Les commentaires cinema de Pointscommuns.com
828 news. Page : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 +
Ensorcelement par Dehors 
J’étais un peu triste parfois, triste de ne pouvoir m’assoupir enfin prés de quelque chose, prés d’un but, prés de toi. Parce qu’après tout ces belles nuits d’amour, ce bonheur particulier. Tout ceci n’évoque que ce qui fut et maintenant les troubles de l’étant être en soi pour moi ne suffisaient pas, je voulais partager ces bonheurs ces corps achalandés, cette matière féroce, ces chairs enchevêtres. Je rêvais d’un autre émoi, ayant pris pour amant la liberté je divaguais le long des routes, bardées de leurres et de fantasmes les plus torrides, les extases sempiternelles, les sueurs, les frôlements, des caresses. Tout ceci me tracasse alors que je rêve d’une autre vie, d’une autre nuit. Cette nuit la serais des plus folles surtout l’émotion stipule et elle ne pourrait que faire vibrer nos cœurs qui de tendresse s’arracheraient des battements de bonheur. Cette nuit serais l’ultime ou comme une vierge ébahit tu me prendrais comme une âme reconfigurée, m’enlassant de tes doux baisers, m’enlassant de douceur et de volupté. Cette nuit la je deviendrais lionne et ma sueur n’en serait que colliers de perles aux éclats transfigurès. Je deviendrais comme les vierges folles et ne serait que toute l’histoire de la peinture en un ultime coït endiable, des heures tu t’acharnerais dur comme un bâton de bois, sceptre des contrées les plus chaudes, les plus torrides. Et nous gouterions à nos fleuves d’amour si bien qu’aucune accalmie de la langueur,en voila, et ton cœur ton âme encore au diable etc. Je rêve de cette nuit, de ces beaux jours de cette vie, je rêve de toi, comme mon homme et ma foi. Je ne saurais que te dire que je te bercerais encore de toute ma féminité, de mon être, cousin posthume de l’amour, toujours et entre cette volonté de m’offrir comme un cœur des rituels incas ou mayas, je t’offrirais mon corps pour que tu puisse en retour faire taire la folie du tien si grandiose. Je rêve encore une fois que l’aurore nous dirais gentiment que tu étais mon bel homme mon bel amant, ma paix retrouvée ce bonheur si subtil et que dans la vie tu m’aurais envoute, pour des nuits et des nuits, des aurores et des aurores, au bord des envies et des conciliabules de nos âmes, si bien que je jetterais la pagaille et ne serait qu’une fée devineresse de l’espoir, si bien que je verrais chaque lendemain ton doux visage , s’éclairer, rayon de tendresse et joie inaltéré. Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27

J’étais un peu triste parfois, triste de ne pouvoir m’assoupir enfin prés de quelque chose, prés d’un but, prés de toi. Parce qu’après tout ces belles nuits d’amour, ce bonheur particulier. Tout ceci n’évoque que ce qui fut et maintenant les troubles de l’étant être en soi pour moi ne suffisaient pas, je voulais partager ces bonheurs ces corps achalandés, cette matière féroce, ces chairs enchevêtres. Je rêvais d’un autre émoi, ayant pris pour amant la liberté je divaguais le long des routes, bardées de leurres et de fantasmes les plus torrides, les extases sempiternelles, les sueurs, les frôlements, des caresses. Tout ceci me tracasse alors que je rêve d’une autre vie, d’une autre nuit. Cette nuit la serais des plus folles surtout l’émotion stipule et elle ne pourrait que faire vibrer nos cœurs qui de tendresse s’arracheraient des battements de bonheur. Cette nuit serais l’ultime ou comme une vierge ébahit tu me prendrais comme une âme reconfigurée, m’enlassant de tes doux baisers, m’enlassant de douceur et de volupté. Cette nuit la je deviendrais lionne et ma sueur n’en serait que colliers de perles aux éclats transfigurès. Je deviendrais comme les vierges folles et ne serait que toute l’histoire de la peinture en un ultime coït endiable, des heures tu t’acharnerais dur comme un bâton de bois, sceptre des contrées les plus chaudes, les plus torrides. Et nous gouterions à nos fleuves d’amour si bien qu’aucune accalmie de la langueur,en voila, et ton cœur ton âme encore au diable etc. Je rêve de cette nuit, de ces beaux jours de cette vie, je rêve de toi, comme mon homme et ma foi. Je ne saurais que te dire que je te bercerais encore de toute ma féminité, de mon être, cousin posthume de l’amour, toujours et entre cette volonté de m’offrir comme un cœur des rituels incas ou mayas, je t’offrirais mon corps pour que tu puisse en retour faire taire la folie du tien si grandiose. Je rêve encore une fois que l’aurore nous dirais gentiment que tu étais mon bel homme mon bel amant, ma paix retrouvée ce bonheur si subtil et que dans la vie tu m’aurais envoute, pour des nuits et des nuits, des aurores et des aurores, au bord des envies et des conciliabules de nos âmes, si bien que je jetterais la pagaille et ne serait qu’une fée devineresse de l’espoir, si bien que je verrais chaque lendemain ton doux visage , s’éclairer, rayon de tendresse et joie inaltéré. Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27
La Loi c'est EUX ! par JANUS72 
De Niro - Pacino pas trop réglos... Impunité totale pour des Meurtres, Crimes Sexuels et Pédophilie, ce duo n'aime pas du tout ça ! Adeptes de Harry Calaghan… C’est bien foutu, avec du rythme, un bon montage, des gros plans à gogo mais surtout des Acteurs "Sacrés". Jon Avnet nous balade dans son bateau en utilisant la vieille technique d’Hitchcock, on sait tout, rien n'est caché et ce dès le début… mais au final ! Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27

De Niro - Pacino pas trop réglos... Impunité totale pour des Meurtres, Crimes Sexuels et Pédophilie, ce duo n'aime pas du tout ça ! Adeptes de Harry Calaghan… C’est bien foutu, avec du rythme, un bon montage, des gros plans à gogo mais surtout des Acteurs "Sacrés". Jon Avnet nous balade dans son bateau en utilisant la vieille technique d’Hitchcock, on sait tout, rien n'est caché et ce dès le début… mais au final ! Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27
soldats, du haut de cette cheminée 4000 siècles vous contemplent par Chachacita 
Le feu crépite, les bûches attendent patiemment de se consummer. Tranquille, tu t'approches, tu le regardes et tu sens sa chaleur s'infiltrer dans ton ventre, dans tes mains. Tu oublies vite ce froid qui crispait tes doigts, qui te faisait rapétisser doucement. Tu t'assois et tu le regardes, comme auspectacle ; mais il s'enerve et te crache des braises brulantes. Tu oublies toujours que comme lui ton coeur peut s'enflammer peut frapper très fort dans ton cou, dans ton corps. Il reprend du service . Tu ne peux t'empêcher de lui sourire, à cette jolie alumette, qui t'a fait t'embraser. L'a t-il remarqué, vois t-il tes joues rosir, tes yeux papillonner ? Tu cherches dans ses mots ne serait-ce qu'un signe, comme tu cherches dans les bûches une chaleur familiale. Il a gagné, tu brûles.Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27

Le feu crépite, les bûches attendent patiemment de se consummer. Tranquille, tu t'approches, tu le regardes et tu sens sa chaleur s'infiltrer dans ton ventre, dans tes mains. Tu oublies vite ce froid qui crispait tes doigts, qui te faisait rapétisser doucement. Tu t'assois et tu le regardes, comme auspectacle ; mais il s'enerve et te crache des braises brulantes. Tu oublies toujours que comme lui ton coeur peut s'enflammer peut frapper très fort dans ton cou, dans ton corps. Il reprend du service . Tu ne peux t'empêcher de lui sourire, à cette jolie alumette, qui t'a fait t'embraser. L'a t-il remarqué, vois t-il tes joues rosir, tes yeux papillonner ? Tu cherches dans ses mots ne serait-ce qu'un signe, comme tu cherches dans les bûches une chaleur familiale. Il a gagné, tu brûles.Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27
Vent de Folie sur Normandie. par JANUS72 
Pixie en a déjà fait un joli Com, alors je ponds autre chose. Hum... "RUMBA" film de Fiona Gordon et Dom Abel, Gordon ça flache comme un film de Science-fiction et puis Abel ferait penser un bon vieux Péplum… Non ? C’est un peu tout ça a la fois, des personnes qui planent, en lévitation, qui dansent autour de leur petit bonheur, les "Ginger et Fred" de Cherbourg et ses environs. Avec de l’Action, des Voyages effrénés, des Catastrophes spectaculaires, des Cascades en pagaille, des Effets Spéciaux magiques, de la 3D à profusion et du Dolby Surround à gogo (George Lucas, si tu nous entends… Lui aussi est de "La Hague" avec un nom comme ça ?). Le style "Guerre des Etoiles" en plus Normand quoi, mais bien souriant… Bref un film haletant où vous restez coller à votre siège pour un grand parcours initiatique, cosmique et accessoirement comique. Jacques Tati fait toujours de émules, rien de tel pour oublier durant une heure trente, vos emmerdes, la crise et le cours du bon-dieu de CAC 40. Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27

Pixie en a déjà fait un joli Com, alors je ponds autre chose. Hum... "RUMBA" film de Fiona Gordon et Dom Abel, Gordon ça flache comme un film de Science-fiction et puis Abel ferait penser un bon vieux Péplum… Non ? C’est un peu tout ça a la fois, des personnes qui planent, en lévitation, qui dansent autour de leur petit bonheur, les "Ginger et Fred" de Cherbourg et ses environs. Avec de l’Action, des Voyages effrénés, des Catastrophes spectaculaires, des Cascades en pagaille, des Effets Spéciaux magiques, de la 3D à profusion et du Dolby Surround à gogo (George Lucas, si tu nous entends… Lui aussi est de "La Hague" avec un nom comme ça ?). Le style "Guerre des Etoiles" en plus Normand quoi, mais bien souriant… Bref un film haletant où vous restez coller à votre siège pour un grand parcours initiatique, cosmique et accessoirement comique. Jacques Tati fait toujours de émules, rien de tel pour oublier durant une heure trente, vos emmerdes, la crise et le cours du bon-dieu de CAC 40. Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27
Faut-il être beau pour aimer ou être aimé ? par Jules Félix 
Dimanche 28 septembre 2008, après avoir fait le Paris-Versailles, je me suis reposé comme un beauf et j’ai allumé la télévision le soir. Cette phrase est bourrée d’inexactitudes, alors, avant de poursuivre, je rétablis la vérité. Faire le Paris-Versailles, dans mon langage, signifie accompagner un vaillant coureur (vous ne croyiez pas que j’allais monter la côte des gardes, quand même ?!). Se reposer comme un beauf : l’image n’est pas assez parlante et je la complète donc en insistant sur le vautrage de canapé. Allumage de télévision : pas avec un briquet, mais en laissant pisser tous ces photons qui proviennent du ciel (je ne suis pas encore suffisamment moderne pour me téhènetéhiser). Désolé de ces digressions prédigestives avant de parler donc du sujet. Le sujet, oui, c’est le film mis en objet culturel référencé. Incroyable, mais parfois, la logique de PCC marche. Le flux photonique transmettait donc à mes yeux la trentième minute d’un film qui risquait de finir dans le cliché et le navet . "Je vous trouve très beau". Ma réticence n’a cependant pas eu l’ascendant sur l’hypnose qu’exerce naturellement le tube cathodique (oui, le mien est encore cathodique) sur mes pauvres rétines (pour plus d’informations, voir à vautrage sur canapé). Le film commence comme un vieux reportage de Arte : un fermier célibataire un peu rustre se cherche une femme ; alors une agente matrimoniale l’envoie en Roumanie cherchant des jeunes et jolies Roumaines (je vous prie d’admirer mon point-virgule, c’est une ponctuation très rare). Vous comprenez un peu le topo : un pas très beau pas très jeune sans femme se cherche de jolies jeunes filles de l’Est sans le sou (parfois déjà avec enfants) et cherchant à tout prix un mari pour s’installer dans un Occident si adulé et si rêvé. Michel Blanc magouille un peu son voyage en Roumanie en le camouflant en voyage d’étude de la choucroute en Allemagne. Le qu'en-dira-t-on est la drogue nationale dans cette contrée campagnarde. Ah oui… je ne vous l’ai pas dit, Michel Blanc, c’est le fermier. Dans une salle d’attente (que je fréquente très peu souvent), j’étais tombé sur une interview de l’acteur chauve et déjà un peu vieux et il disait qu’il était très heureux d’être célibataire et seul et qu’il ne pourrait jamais s’imaginer marié… Il n’a pas dit s’il rêvait d’une compagne… Solitude réelle, solitude jouée… On ne joue réellement bien que sa propre vie… Finalement, Michel Blanc s’agace rapidement de l’hypocrisie des petites noiseuses. Il sait que son physique est ingrat et ne comprend pas qu’elles lui disent toutes qu’il est très beau. …Sauf une, la magnifique Medeea Marinescu, femme mignonne et animée. Qui du coup fait le voyage jusque dans la cambrousse française (ch’ais plus où exactement). En fait, un peu plus tard, parce que j’avais manqué la mort de sa femme du début, je comprends que le fermier un peu rustre est veuf et qu’il ne peut plus tenir seul avec les travaux de sa ferme. Bref, il ne cherche pas vraiment une épouse, mais une forçat. Évidemment, la Medeea (c’est le nom de l’actrice qui devrait faire un tabac si elle continue une carrière cinématographique, le film date de 2005) n’est pas du genre à se laisser tambouriner les cocotiers. Encore que non. Michel Blanc la refuse dans son lit et donc, elle essaie par tous les moyens de le séduire. Heureusement, grâce à un subterfuge analogue à celui de la bande d’anciens HEC dans "Association de Malfaiteurs" (1), la belle jeune demoiselle gagne une très grosse somme d’argent. Et se barre en Roumanie retrouver sa gamine de sept ans abandonnée. Bon, c’est vrai, le scénario est peut-être un peu convenu, du moins, prévisible. Mais le jeu des acteurs est finalement très bon, avec cette dose de sensibilité et de "gaucherie" qui fait toute la tendresse/maladresse des deux personnages principaux. À tel point que je pensais que Michel Blanc avait réalisé lui-même ce film. Non, la réalisatrice en est Isabelle Mergault, que je ne connaissais que comme "grosse tête" zozotante de Philippe Bouvard sur RTL. La beauté n’est qu’un prétexte dans ce film. Qu’un teasing pour appâter le chaland. Le vrai enjeu, c’est que faire quand deux êtres, vivants dans des univers très différents et très éloignés géographiquement, s’aiment ? Faut-il que l’un abandonne son monde au profit de l’autre, quitte à même renoncer à son enfant ? Ou ne s’aimer que de loin, comme un vieux souvenir ? Je n’ai pas la réponse, mais ça me turlupine. Sans jeu de mots, s’il vous plaît. (1) http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=43566 Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27

Dimanche 28 septembre 2008, après avoir fait le Paris-Versailles, je me suis reposé comme un beauf et j’ai allumé la télévision le soir. Cette phrase est bourrée d’inexactitudes, alors, avant de poursuivre, je rétablis la vérité. Faire le Paris-Versailles, dans mon langage, signifie accompagner un vaillant coureur (vous ne croyiez pas que j’allais monter la côte des gardes, quand même ?!). Se reposer comme un beauf : l’image n’est pas assez parlante et je la complète donc en insistant sur le vautrage de canapé. Allumage de télévision : pas avec un briquet, mais en laissant pisser tous ces photons qui proviennent du ciel (je ne suis pas encore suffisamment moderne pour me téhènetéhiser). Désolé de ces digressions prédigestives avant de parler donc du sujet. Le sujet, oui, c’est le film mis en objet culturel référencé. Incroyable, mais parfois, la logique de PCC marche. Le flux photonique transmettait donc à mes yeux la trentième minute d’un film qui risquait de finir dans le cliché et le navet . "Je vous trouve très beau". Ma réticence n’a cependant pas eu l’ascendant sur l’hypnose qu’exerce naturellement le tube cathodique (oui, le mien est encore cathodique) sur mes pauvres rétines (pour plus d’informations, voir à vautrage sur canapé). Le film commence comme un vieux reportage de Arte : un fermier célibataire un peu rustre se cherche une femme ; alors une agente matrimoniale l’envoie en Roumanie cherchant des jeunes et jolies Roumaines (je vous prie d’admirer mon point-virgule, c’est une ponctuation très rare). Vous comprenez un peu le topo : un pas très beau pas très jeune sans femme se cherche de jolies jeunes filles de l’Est sans le sou (parfois déjà avec enfants) et cherchant à tout prix un mari pour s’installer dans un Occident si adulé et si rêvé. Michel Blanc magouille un peu son voyage en Roumanie en le camouflant en voyage d’étude de la choucroute en Allemagne. Le qu'en-dira-t-on est la drogue nationale dans cette contrée campagnarde. Ah oui… je ne vous l’ai pas dit, Michel Blanc, c’est le fermier. Dans une salle d’attente (que je fréquente très peu souvent), j’étais tombé sur une interview de l’acteur chauve et déjà un peu vieux et il disait qu’il était très heureux d’être célibataire et seul et qu’il ne pourrait jamais s’imaginer marié… Il n’a pas dit s’il rêvait d’une compagne… Solitude réelle, solitude jouée… On ne joue réellement bien que sa propre vie… Finalement, Michel Blanc s’agace rapidement de l’hypocrisie des petites noiseuses. Il sait que son physique est ingrat et ne comprend pas qu’elles lui disent toutes qu’il est très beau. …Sauf une, la magnifique Medeea Marinescu, femme mignonne et animée. Qui du coup fait le voyage jusque dans la cambrousse française (ch’ais plus où exactement). En fait, un peu plus tard, parce que j’avais manqué la mort de sa femme du début, je comprends que le fermier un peu rustre est veuf et qu’il ne peut plus tenir seul avec les travaux de sa ferme. Bref, il ne cherche pas vraiment une épouse, mais une forçat. Évidemment, la Medeea (c’est le nom de l’actrice qui devrait faire un tabac si elle continue une carrière cinématographique, le film date de 2005) n’est pas du genre à se laisser tambouriner les cocotiers. Encore que non. Michel Blanc la refuse dans son lit et donc, elle essaie par tous les moyens de le séduire. Heureusement, grâce à un subterfuge analogue à celui de la bande d’anciens HEC dans "Association de Malfaiteurs" (1), la belle jeune demoiselle gagne une très grosse somme d’argent. Et se barre en Roumanie retrouver sa gamine de sept ans abandonnée. Bon, c’est vrai, le scénario est peut-être un peu convenu, du moins, prévisible. Mais le jeu des acteurs est finalement très bon, avec cette dose de sensibilité et de "gaucherie" qui fait toute la tendresse/maladresse des deux personnages principaux. À tel point que je pensais que Michel Blanc avait réalisé lui-même ce film. Non, la réalisatrice en est Isabelle Mergault, que je ne connaissais que comme "grosse tête" zozotante de Philippe Bouvard sur RTL. La beauté n’est qu’un prétexte dans ce film. Qu’un teasing pour appâter le chaland. Le vrai enjeu, c’est que faire quand deux êtres, vivants dans des univers très différents et très éloignés géographiquement, s’aiment ? Faut-il que l’un abandonne son monde au profit de l’autre, quitte à même renoncer à son enfant ? Ou ne s’aimer que de loin, comme un vieux souvenir ? Je n’ai pas la réponse, mais ça me turlupine. Sans jeu de mots, s’il vous plaît. (1) http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=43566 Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27
L'échappée belle par Amichemin 
Elle stationnait là depuis deux jours, dans le hall d’une surface géante de consommation où germent et meurent dans une cadence frénétique des tas de désirs en promotion. Enrubannée de tous côtés, elle donnait l’impression que la vie pouvait vous faire un sacré cadeau pour peu que vous vous décidiez à rentrer dedans. Elle était visitable, désirable, on pouvait essayer les portes et les fenêtres, tripoter les boutons. Conçue pour vivre en ville, petite et confortable, elle irradiait d’un bleu clair métallique qui donnait envie de se laisser conduire en toute tranquillité. C’était tout à fait le genre de voiture qui convenait à Jocelyne et Léopold. Jocelyne et Léopold n’avaient pas d’âge. Ils évoluaient dans un temps illisible au commun des mortels. Jocelyne portait une jupe bleue délavée par des milliers d’étés qui lui tombait jusqu’à mi mollets. Ses pieds flottaient dans une paire de baskets. De son corps on ne distinguait que la peau des mollets, zébrés de varices et de poils, et puis son visage rond, sans maquillage, strié de couperose, marqué de bosses, de points noirs, mais épargné par les rides. Ses cheveux avaient du être colorés il y a longtemps. Ils tombaient de chaque côté de son cou, jaunes et raides. Léopold était maigre, son visage saillant, ses cheveux blancs et ses yeux très noirs. Il portait une chemise grise et des baskets semblables à celles de sa compagne. De sa main gauche il tirait un vieux cabas à roulettes et de sa main droite, il tenait Jocelyne. Ce matin-là, lorsqu’il la vit trépigner devant l’automobile en frappant joyeusement des mains, il l’aima comme jamais. C’était chaque année le même voyage et le vendeur les connaissait bien. Le premier jour, ils visitèrent l’automobile. Le vendeur avait dit oui, à condition qu’ils se lavent les mains et qu’ils ne restent pas trop longtemps à l’intérieur à cause des odeurs. Il s’installa au volant tandis qu’elle ouvrait la fenêtre et posait nonchalamment son coude sur la vitre. Le second jour elle lui dit : emmène-moi. Alors Léopold emmena Jocelyne visiter la ville. Ils n’avaient jamais vu la ville. Du monde, de l’univers ils ne connaissaient que le terrain et la cabane de jardin et son auvent. Ils vivaient là depuis quatre ans. Ils avaient eu tous deux des enfances et des vies désastreuses jusqu’à leur rencontre. De l’extérieur, on pouvait difficilement percevoir une différence entre avant et après, on voyait toujours le désastre de leur misère, mais eux ne voyaient pas les choses de cette manière. Le matin ils allaient au supermarché, prenaient des bouteilles et volaient des caramels mous, des carambars et des sucettes au rayon des sucreries parce que bien que Jocelyne n’ait plus toutes ses dents, elle restait d’une incorrigible gourmandise. L’après-midi ils ne faisaient rien et le soir ils buvaient, mais ce n’était rien par rapport à ce qu’ils buvaient avant. Leurs lectures se limitaient exclusivement à quelques documentations de voyage qu’ils trouvaient dans les poubelles et sur les gondoles des rayons. Ils en possédaient maintenant deux bons cartons. Tous les soirs ils faisaient l’amour. Lorsqu’il glissait entre les jambes de Jocelyne, Léopold savait qu’il ouvrait la porte à la meilleure part de lui-même et lorsque Jocelyne lui disait qu’elle ne voulait jamais que ça s’arrête, il avait la certitude de ne pas s’être trompé d’existence. Ils avaient instauré des habitudes et fait en sorte que les jours se ressemblent. La répétition quotidienne leur convenait parfaitement. Jocelyne déplia le plan de la ville et choisit un quartier au hasard. “On pourrait aller visiter le zoo” dit -elle. Alors Léopold l’emmena au zoo. De temps à autre, le vendeur venait leur demander de quitter la voiture parce qu’un autre couple ou d’autres personnes tournaient autour, hésitantes. “Attendez” dit Léopold au vendeur “je me gare”. Puis ils allèrent visiter le zoo. Ils se rendirent au rayon boucherie pour y observer les carnassiers et jeunes carnassières avides de viande fraîche, les ruminants au rayon des légumes, les singes au rayon sport, et ainsi de suite. - Regarde-moi cette girafe ! s’exclama Jocelyne. - Arrête de toujours montrer du doigt, répondit Léo en observant un géant de deux mètres prendre un ballon de rugby perché en haut du rayon. Avant de quitter le zoo ils lurent leur horoscope au rayon des livres. Puis ils retournèrent à l’automobile. A moins que le hall soit vide - ce qui arrivait rarement - le vendeur refusait. - Pas plus d’une fois par jour, leur dit-il. Jocelyne le trouvait très gentil. Jocelyne trouvait le monde très gentil. Même ceux de son zoo imaginaire. - Alors à demain, dit-elle en quittant le supermarché. Lorsqu’ils revinrent le lendemain, Léopold se remit au volant. Il se sentait plus sûr de lui et il eut envie d’aller un peu plus loin, de quitter la ville. Mais Jocelyne avait un sens très pratique. Elle rétorqua que l’essence était hors de prix et qu’il n’y avait personne pour nourrir les chats. - Demain, ajouta-t-elle, nous irons chercher du travail. Aussi décidèrent-ils d’aller voir la morgue. Elle n’était pas indiquée sur le plan, mais Jocelyne décréta qu’elle se trouvait dans le quartier de la Glacière, tout au Nord de la ville. C’était un peu compliqué pour s’y rendre, mais si Léopold suivait ses instructions, il n’y aurait aucune difficulté. Léopold n’était pas très chaud pour se rendre là-bas. Mais il savait que cela représentait pour elle une destination incontournable dans leur voyage, car Jocelyne n’avait jamais vu la mort en vrai, même durant ses années les plus noires. Ils tournèrent, virèrent, prirent des sens interdits en riant. Ils se firent injurier par d’autres automobilistes, et c’était assez drôle de voir Jocelyne sortir sa tête de la fenêtre en criant : “espèce de malotrus ! Vous ne méritez pas votre automobile, vous !” Sans le savoir, Léo et Jocelyne offraient un spectacle qui finissait par former de petits attroupements autour de l’automobile. Puis le vendeur arrivait et leur demandait, comme chaque jour, de laisser la place à ceux qui voulaient visiter. Alors Jocelyne disait : - Tu vois, on a fini par y arriver. Ils quittèrent l’habitacle enrubanné puis se faufilèrent dans les rayons. Arrivée devant la poissonnerie, Jocelyne serra le bras de Léo. - Ils pourraient quand même leur fermer les yeux, murmura-t-elle. - Tu as vu celui-là, avec sa bouche grande ouverte, décédé de mort violente, ça c’est sûr, et ce thon, tout de même, ils auraient pu le laisser mourir de vieillesse, et ces crevettes, pauvres enfants ... si nombreux, ça a du être terrible, un accident de car ou une école incendiée, on ne saura jamais ... Regarde toutes ces familles qui attendent de voir leurs morts ... soupira-t-elle une larme à l’oeil en observant les gens qui, munis de leur tickets, patientaient dans la file d’attente. Elle imaginait que la dame qui venait de pointer d’un doigt délicat trois jeunes truites blanches désignait ainsi trois soeurs qu’elle avait perdues. Que ce monsieur, avec son filet de sandre, venait de reconnaître sa femme et ainsi de suite. Vêtue de blanc des pieds à la tête, la petite vendeuse détenait, dans l’imaginaire de Jocelyne, tous les savoirs du médecin légiste et elle l’admirait de pouvoir ainsi mettre les mains dans la glace, prendre sans état d’âme les morts à bras le corps, et pour certains les gratter, enlever la peau, vider les viscères, les rincer, tout ça avec beaucoup de professionnalisme. Lorsqu’ils quittèrent la morgue, Jocelyne n’eut pas le coeur à lire son horoscope. Ils rentrèrent chez eux et n’attendirent pas pour faire l’amour. - Comme c’est bon, chuchota Jocelyne, comme c’est bon d’être vivant. Le troisième jour, comme elle l’avait promis, ils allèrent chercher du travail. C’était l’été, il faisait chaud. Heureusement, car Léopold ne savait pas faire marcher les essuie-glaces. Ils avaient obtenu chacun un rendez-vous pour un emploi. Ils s’agissait d’un travail vraiment exceptionnel, comme ils n’avaient jamais imaginé. Ils ne savaient pas au juste en quoi cela consistait. Mais cela les passionnait et ils travailleraient de bon coeur. Jocelyne déplia le plan et suivit une ligne qui menait vers le sud de la ville. A cet endroit, le plan évoquait un alphabet confus. CEA, UNIVALLEY, PARERA, COFIMAGE, LGPT, FRAC étaient autant de signaux chargés d’un mystère qui débridait son imagination. - Voilà, dit-elle, j’ai trouvé où nous allons travailler. C’est au Sud, allons-y. Le voyage se passa silencieusement car l’heure était un peu solennelle : le travail était une chose très sérieuse, surtout lorsqu’il s’agissait, pour elle comme pour lui, de postes aussi importants. Ce jour-là, personne ne s’arrêta observer le couple. Qui restait silencieux et concentré on ne sait sur quelle route imaginaire. Le vendeur n’attendit pas longtemps pour leur demander de laisser la place. - Allons-y, dit Jocelyne en faisant mine de se recoiffer, l’heure est sérieuse, on ne rigole pas. - Avec notre tenue, dit Léo, c’est pas sûr que ça marche. - C’est ce qu’il y a dessous qui compte, Léo, c’est écrit nulle part qu’on n’est pas intelligents, mets-toi bien ça en tête : nous sommes des savants, et nous en savons plus que tous les espères réunis du monde entier. - Les experts, corrigea Léo. D’un pas décidé ils se rendirent au rayon informatique. A chaque tête de gondole on avait placé des ordinateurs de démonstration. Jocelyne demanda à Léo de s’installer. Léo joua avec le clavier. Des images s’affichèrent, puis des slogans publicitaires. - Tu vois, dit Jocelyne, ça valait le coup de passer des jours et des nuits sur cette formule, tu as enfin fini par trouver. Alors que Léo s’était pris au jeu des boutons et continuait à tripoter le clavier, Jocelyne s’éloigna de quelques mètres et bascula dans le rayon des téléviseurs géants. - Léo ! cria-t-elle, Léo, viens voir, nous sommes en train de passer à la télé ! c’est notre jour de chance aujourd’hui. Léo quitta l’ordinateur. A chaque fois que l’automobile passait dans leur vie, Léo se sentait léger, comme dans un temps de vacances. Il suivait Jocelyne dans tout ce qu’elle lui proposait parce qu’il savait, dans le fond, que c’était inoffensif, comme un jeu toujours différent (l’an dernier, ils avaient réussi à quitter la ville, ils s’étaient rendus au bord de la mer, Léo se demandait pourquoi, cette année, Jocelyne refusait obstinément de quitter la ville). Néanmoins, c’était de plus en plus inventif et il se demandait parfois si ça ne finirait pas être dangereux. Il n’avait jamais pensé que Jocelyne fut folle, en tout cas si elle l’était, elle ne l’était pas plus ni moins que lui, et il restait persuadé que leurs deux folies s’accordaient merveilleusement bien à les maintenir dans un équilibre serein. Il s’approcha de l’écran sur lequel était projetées de silencieuses images. Quatre personnages semblaient installés dans un vif débat. Parmi eux, se trouvait une femme qui n’avait rien en commun avec Jocelyne, si ce n’est la jupe de son tailleur bleu, mais personne, hormis Jocelyne, n’aurait pu faire la moindre comparaison possible. - Regarde, là c’est moi, et là c’est toi, dit elle en désignant deux personnages du doigt - Nous sommes désormais célèbres, et attention, dit-elle en élevant la voix, on n’est pas à la star académie ici, hein, on est des chercheurs et on a trouvé enfin quelque chose qui intéresse le monde entier. Regarde comme je me tiens bien, regarde comme on peut être fiers de nous ! Léo regarda Jocelyne, sa vraie Jocelyne, et de voir tant de gaîté lumineuse sur son visage le rendit soudain triste et ému. Il se plaça derrière elle et l’entoura de ses bras. - Et c’est quoi, cette formule ? lui chuchota-t-il à l’oreille. - Enfin Léo, dit-elle en se retournant, toi qui a passé tant d’années à travailler dessus ! Léo ! tu viens de trouver la formule ! Incroyable ! Ca va marcher, je te le jure, ça va marcher ! - Et on va gagner beaucoup d’argent ? demanda Léo. - L’argent on s’en moque. On n’a jamais eu besoin d’argent toi et moi, le bonheur ça vaut pas cent balles, ça vaut rien, il suffit juste de trouver la bonne formule. Allez viens, on a assez travaillé pour aujourd’hui. On mérite bien un peu de repos. Et Léo fut rassuré ; dans le fond, Jocelyne restait finalement d’une grande lucidité. Puis ce fut le dernier jour. Léo se montra intransigeant : cette fois, on part en voyage. Ils choisirent de se rendre au bord de la mer. Au rayon des loisirs, elle s’installa dans une chaise longue et ferma les yeux, tandis que Léo déployait sur elle un parasol aux couleurs exotiques. Mais elle se leva en soupirant. - Je m’ennuie. C’était la première fois, depuis leur départ, qu’elle manifestait son ennui. - Il n’y a rien ici, rien qui fasse rêver. Même en fermant les yeux. Je n’entends rien, ni la mer ni les vagues ni l’horizon. - Mais on n’entend pas l’horizon ... - Toi peut-être pas, mais moi, si. Moi je l’entends souvent, l’horizon. - Tu entends toujours des choses que personne n’entend, soupira Léo en s’installant sur une autre chaise longue. Un vendeur s’approcha et leur demanda de quitter les chaises longues. - Soit vous achetez, soit vous partez. Alors ils retournèrent à l’automobile. On avait déjà enlevé les rubans et ainsi dénudée, elle n’intéressait plus personne. Elle partirait dans la nuit. Ils s’installèrent à l’intérieur, mais ce n’était plus comme au premier jour. Jocelyne se sentait énervée. Elle était ici comme n’importe qui dans n’importe quelle voiture : énervée. Léo tenta le tout pour le tout. Il lui proposa de partir sur la lune, dans les étoiles, sur la ligne d’horizon. - Mon pauvre Léo, tu n’as vraiment aucun sens des réalités, répondit Jocelyne. Les signaux d’une démence naissante se mirent alors à clignoter violemment. Léo les reconnut aussitôt, bien que rien de tel ne soit arrivé depuis très longtemps. Durant quelques fulgurantes secondes il chercha désespérément que faire de l’ennui de Jocelyne et imagina à la vitesse lumière des tas de destinations impossibles. Impossibles parce que Jocelyne, très agitée, s’était mise à crier qu’elle n’en voulait plus de ce voyage, qu’elle n’y avait jamais cru, qu’elle faisait juste ça pour lui faire plaisir, mais qu’au fond elle se sentait malheureuse avec tout, avec la vie, avec ses rêves, avec lui. Alors Léo fit démarrer l’automobile. On avait laissé la clé de contact dessus parce qu’on s’apprêtait à la sortir. Il appuya sur l’accélérateur et dans un mouvement décisif, alla s’éclater dans les vitrines de la galerie marchande. Sous les roues on entendit les gens hurler, les os se fracasser, la chair s’écraser, le tout dans un immense feu d’artifice d’éclats de verre brisé. Libérée soudain de ses rubans, de ses gardiens et des rêves qu’on s’acharnait à lui mettre sur le dos, l’automobile fonça avec lui, elle ne céda sous aucun choc. Ensemble ils s’accordaient merveilleusement bien. Ensemble ils cherchèrent la meilleure destination. Ils quittèrent la ville et choisirent un précipice au fond duquel Jocelyne, dans un dernier murmure, demanda à Léo si enfin il l’entendait, cette putain de ligne d’horizon. Mais Léo ne répondit pas. Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27

Elle stationnait là depuis deux jours, dans le hall d’une surface géante de consommation où germent et meurent dans une cadence frénétique des tas de désirs en promotion. Enrubannée de tous côtés, elle donnait l’impression que la vie pouvait vous faire un sacré cadeau pour peu que vous vous décidiez à rentrer dedans. Elle était visitable, désirable, on pouvait essayer les portes et les fenêtres, tripoter les boutons. Conçue pour vivre en ville, petite et confortable, elle irradiait d’un bleu clair métallique qui donnait envie de se laisser conduire en toute tranquillité. C’était tout à fait le genre de voiture qui convenait à Jocelyne et Léopold. Jocelyne et Léopold n’avaient pas d’âge. Ils évoluaient dans un temps illisible au commun des mortels. Jocelyne portait une jupe bleue délavée par des milliers d’étés qui lui tombait jusqu’à mi mollets. Ses pieds flottaient dans une paire de baskets. De son corps on ne distinguait que la peau des mollets, zébrés de varices et de poils, et puis son visage rond, sans maquillage, strié de couperose, marqué de bosses, de points noirs, mais épargné par les rides. Ses cheveux avaient du être colorés il y a longtemps. Ils tombaient de chaque côté de son cou, jaunes et raides. Léopold était maigre, son visage saillant, ses cheveux blancs et ses yeux très noirs. Il portait une chemise grise et des baskets semblables à celles de sa compagne. De sa main gauche il tirait un vieux cabas à roulettes et de sa main droite, il tenait Jocelyne. Ce matin-là, lorsqu’il la vit trépigner devant l’automobile en frappant joyeusement des mains, il l’aima comme jamais. C’était chaque année le même voyage et le vendeur les connaissait bien. Le premier jour, ils visitèrent l’automobile. Le vendeur avait dit oui, à condition qu’ils se lavent les mains et qu’ils ne restent pas trop longtemps à l’intérieur à cause des odeurs. Il s’installa au volant tandis qu’elle ouvrait la fenêtre et posait nonchalamment son coude sur la vitre. Le second jour elle lui dit : emmène-moi. Alors Léopold emmena Jocelyne visiter la ville. Ils n’avaient jamais vu la ville. Du monde, de l’univers ils ne connaissaient que le terrain et la cabane de jardin et son auvent. Ils vivaient là depuis quatre ans. Ils avaient eu tous deux des enfances et des vies désastreuses jusqu’à leur rencontre. De l’extérieur, on pouvait difficilement percevoir une différence entre avant et après, on voyait toujours le désastre de leur misère, mais eux ne voyaient pas les choses de cette manière. Le matin ils allaient au supermarché, prenaient des bouteilles et volaient des caramels mous, des carambars et des sucettes au rayon des sucreries parce que bien que Jocelyne n’ait plus toutes ses dents, elle restait d’une incorrigible gourmandise. L’après-midi ils ne faisaient rien et le soir ils buvaient, mais ce n’était rien par rapport à ce qu’ils buvaient avant. Leurs lectures se limitaient exclusivement à quelques documentations de voyage qu’ils trouvaient dans les poubelles et sur les gondoles des rayons. Ils en possédaient maintenant deux bons cartons. Tous les soirs ils faisaient l’amour. Lorsqu’il glissait entre les jambes de Jocelyne, Léopold savait qu’il ouvrait la porte à la meilleure part de lui-même et lorsque Jocelyne lui disait qu’elle ne voulait jamais que ça s’arrête, il avait la certitude de ne pas s’être trompé d’existence. Ils avaient instauré des habitudes et fait en sorte que les jours se ressemblent. La répétition quotidienne leur convenait parfaitement. Jocelyne déplia le plan de la ville et choisit un quartier au hasard. “On pourrait aller visiter le zoo” dit -elle. Alors Léopold l’emmena au zoo. De temps à autre, le vendeur venait leur demander de quitter la voiture parce qu’un autre couple ou d’autres personnes tournaient autour, hésitantes. “Attendez” dit Léopold au vendeur “je me gare”. Puis ils allèrent visiter le zoo. Ils se rendirent au rayon boucherie pour y observer les carnassiers et jeunes carnassières avides de viande fraîche, les ruminants au rayon des légumes, les singes au rayon sport, et ainsi de suite. - Regarde-moi cette girafe ! s’exclama Jocelyne. - Arrête de toujours montrer du doigt, répondit Léo en observant un géant de deux mètres prendre un ballon de rugby perché en haut du rayon. Avant de quitter le zoo ils lurent leur horoscope au rayon des livres. Puis ils retournèrent à l’automobile. A moins que le hall soit vide - ce qui arrivait rarement - le vendeur refusait. - Pas plus d’une fois par jour, leur dit-il. Jocelyne le trouvait très gentil. Jocelyne trouvait le monde très gentil. Même ceux de son zoo imaginaire. - Alors à demain, dit-elle en quittant le supermarché. Lorsqu’ils revinrent le lendemain, Léopold se remit au volant. Il se sentait plus sûr de lui et il eut envie d’aller un peu plus loin, de quitter la ville. Mais Jocelyne avait un sens très pratique. Elle rétorqua que l’essence était hors de prix et qu’il n’y avait personne pour nourrir les chats. - Demain, ajouta-t-elle, nous irons chercher du travail. Aussi décidèrent-ils d’aller voir la morgue. Elle n’était pas indiquée sur le plan, mais Jocelyne décréta qu’elle se trouvait dans le quartier de la Glacière, tout au Nord de la ville. C’était un peu compliqué pour s’y rendre, mais si Léopold suivait ses instructions, il n’y aurait aucune difficulté. Léopold n’était pas très chaud pour se rendre là-bas. Mais il savait que cela représentait pour elle une destination incontournable dans leur voyage, car Jocelyne n’avait jamais vu la mort en vrai, même durant ses années les plus noires. Ils tournèrent, virèrent, prirent des sens interdits en riant. Ils se firent injurier par d’autres automobilistes, et c’était assez drôle de voir Jocelyne sortir sa tête de la fenêtre en criant : “espèce de malotrus ! Vous ne méritez pas votre automobile, vous !” Sans le savoir, Léo et Jocelyne offraient un spectacle qui finissait par former de petits attroupements autour de l’automobile. Puis le vendeur arrivait et leur demandait, comme chaque jour, de laisser la place à ceux qui voulaient visiter. Alors Jocelyne disait : - Tu vois, on a fini par y arriver. Ils quittèrent l’habitacle enrubanné puis se faufilèrent dans les rayons. Arrivée devant la poissonnerie, Jocelyne serra le bras de Léo. - Ils pourraient quand même leur fermer les yeux, murmura-t-elle. - Tu as vu celui-là, avec sa bouche grande ouverte, décédé de mort violente, ça c’est sûr, et ce thon, tout de même, ils auraient pu le laisser mourir de vieillesse, et ces crevettes, pauvres enfants ... si nombreux, ça a du être terrible, un accident de car ou une école incendiée, on ne saura jamais ... Regarde toutes ces familles qui attendent de voir leurs morts ... soupira-t-elle une larme à l’oeil en observant les gens qui, munis de leur tickets, patientaient dans la file d’attente. Elle imaginait que la dame qui venait de pointer d’un doigt délicat trois jeunes truites blanches désignait ainsi trois soeurs qu’elle avait perdues. Que ce monsieur, avec son filet de sandre, venait de reconnaître sa femme et ainsi de suite. Vêtue de blanc des pieds à la tête, la petite vendeuse détenait, dans l’imaginaire de Jocelyne, tous les savoirs du médecin légiste et elle l’admirait de pouvoir ainsi mettre les mains dans la glace, prendre sans état d’âme les morts à bras le corps, et pour certains les gratter, enlever la peau, vider les viscères, les rincer, tout ça avec beaucoup de professionnalisme. Lorsqu’ils quittèrent la morgue, Jocelyne n’eut pas le coeur à lire son horoscope. Ils rentrèrent chez eux et n’attendirent pas pour faire l’amour. - Comme c’est bon, chuchota Jocelyne, comme c’est bon d’être vivant. Le troisième jour, comme elle l’avait promis, ils allèrent chercher du travail. C’était l’été, il faisait chaud. Heureusement, car Léopold ne savait pas faire marcher les essuie-glaces. Ils avaient obtenu chacun un rendez-vous pour un emploi. Ils s’agissait d’un travail vraiment exceptionnel, comme ils n’avaient jamais imaginé. Ils ne savaient pas au juste en quoi cela consistait. Mais cela les passionnait et ils travailleraient de bon coeur. Jocelyne déplia le plan et suivit une ligne qui menait vers le sud de la ville. A cet endroit, le plan évoquait un alphabet confus. CEA, UNIVALLEY, PARERA, COFIMAGE, LGPT, FRAC étaient autant de signaux chargés d’un mystère qui débridait son imagination. - Voilà, dit-elle, j’ai trouvé où nous allons travailler. C’est au Sud, allons-y. Le voyage se passa silencieusement car l’heure était un peu solennelle : le travail était une chose très sérieuse, surtout lorsqu’il s’agissait, pour elle comme pour lui, de postes aussi importants. Ce jour-là, personne ne s’arrêta observer le couple. Qui restait silencieux et concentré on ne sait sur quelle route imaginaire. Le vendeur n’attendit pas longtemps pour leur demander de laisser la place. - Allons-y, dit Jocelyne en faisant mine de se recoiffer, l’heure est sérieuse, on ne rigole pas. - Avec notre tenue, dit Léo, c’est pas sûr que ça marche. - C’est ce qu’il y a dessous qui compte, Léo, c’est écrit nulle part qu’on n’est pas intelligents, mets-toi bien ça en tête : nous sommes des savants, et nous en savons plus que tous les espères réunis du monde entier. - Les experts, corrigea Léo. D’un pas décidé ils se rendirent au rayon informatique. A chaque tête de gondole on avait placé des ordinateurs de démonstration. Jocelyne demanda à Léo de s’installer. Léo joua avec le clavier. Des images s’affichèrent, puis des slogans publicitaires. - Tu vois, dit Jocelyne, ça valait le coup de passer des jours et des nuits sur cette formule, tu as enfin fini par trouver. Alors que Léo s’était pris au jeu des boutons et continuait à tripoter le clavier, Jocelyne s’éloigna de quelques mètres et bascula dans le rayon des téléviseurs géants. - Léo ! cria-t-elle, Léo, viens voir, nous sommes en train de passer à la télé ! c’est notre jour de chance aujourd’hui. Léo quitta l’ordinateur. A chaque fois que l’automobile passait dans leur vie, Léo se sentait léger, comme dans un temps de vacances. Il suivait Jocelyne dans tout ce qu’elle lui proposait parce qu’il savait, dans le fond, que c’était inoffensif, comme un jeu toujours différent (l’an dernier, ils avaient réussi à quitter la ville, ils s’étaient rendus au bord de la mer, Léo se demandait pourquoi, cette année, Jocelyne refusait obstinément de quitter la ville). Néanmoins, c’était de plus en plus inventif et il se demandait parfois si ça ne finirait pas être dangereux. Il n’avait jamais pensé que Jocelyne fut folle, en tout cas si elle l’était, elle ne l’était pas plus ni moins que lui, et il restait persuadé que leurs deux folies s’accordaient merveilleusement bien à les maintenir dans un équilibre serein. Il s’approcha de l’écran sur lequel était projetées de silencieuses images. Quatre personnages semblaient installés dans un vif débat. Parmi eux, se trouvait une femme qui n’avait rien en commun avec Jocelyne, si ce n’est la jupe de son tailleur bleu, mais personne, hormis Jocelyne, n’aurait pu faire la moindre comparaison possible. - Regarde, là c’est moi, et là c’est toi, dit elle en désignant deux personnages du doigt - Nous sommes désormais célèbres, et attention, dit-elle en élevant la voix, on n’est pas à la star académie ici, hein, on est des chercheurs et on a trouvé enfin quelque chose qui intéresse le monde entier. Regarde comme je me tiens bien, regarde comme on peut être fiers de nous ! Léo regarda Jocelyne, sa vraie Jocelyne, et de voir tant de gaîté lumineuse sur son visage le rendit soudain triste et ému. Il se plaça derrière elle et l’entoura de ses bras. - Et c’est quoi, cette formule ? lui chuchota-t-il à l’oreille. - Enfin Léo, dit-elle en se retournant, toi qui a passé tant d’années à travailler dessus ! Léo ! tu viens de trouver la formule ! Incroyable ! Ca va marcher, je te le jure, ça va marcher ! - Et on va gagner beaucoup d’argent ? demanda Léo. - L’argent on s’en moque. On n’a jamais eu besoin d’argent toi et moi, le bonheur ça vaut pas cent balles, ça vaut rien, il suffit juste de trouver la bonne formule. Allez viens, on a assez travaillé pour aujourd’hui. On mérite bien un peu de repos. Et Léo fut rassuré ; dans le fond, Jocelyne restait finalement d’une grande lucidité. Puis ce fut le dernier jour. Léo se montra intransigeant : cette fois, on part en voyage. Ils choisirent de se rendre au bord de la mer. Au rayon des loisirs, elle s’installa dans une chaise longue et ferma les yeux, tandis que Léo déployait sur elle un parasol aux couleurs exotiques. Mais elle se leva en soupirant. - Je m’ennuie. C’était la première fois, depuis leur départ, qu’elle manifestait son ennui. - Il n’y a rien ici, rien qui fasse rêver. Même en fermant les yeux. Je n’entends rien, ni la mer ni les vagues ni l’horizon. - Mais on n’entend pas l’horizon ... - Toi peut-être pas, mais moi, si. Moi je l’entends souvent, l’horizon. - Tu entends toujours des choses que personne n’entend, soupira Léo en s’installant sur une autre chaise longue. Un vendeur s’approcha et leur demanda de quitter les chaises longues. - Soit vous achetez, soit vous partez. Alors ils retournèrent à l’automobile. On avait déjà enlevé les rubans et ainsi dénudée, elle n’intéressait plus personne. Elle partirait dans la nuit. Ils s’installèrent à l’intérieur, mais ce n’était plus comme au premier jour. Jocelyne se sentait énervée. Elle était ici comme n’importe qui dans n’importe quelle voiture : énervée. Léo tenta le tout pour le tout. Il lui proposa de partir sur la lune, dans les étoiles, sur la ligne d’horizon. - Mon pauvre Léo, tu n’as vraiment aucun sens des réalités, répondit Jocelyne. Les signaux d’une démence naissante se mirent alors à clignoter violemment. Léo les reconnut aussitôt, bien que rien de tel ne soit arrivé depuis très longtemps. Durant quelques fulgurantes secondes il chercha désespérément que faire de l’ennui de Jocelyne et imagina à la vitesse lumière des tas de destinations impossibles. Impossibles parce que Jocelyne, très agitée, s’était mise à crier qu’elle n’en voulait plus de ce voyage, qu’elle n’y avait jamais cru, qu’elle faisait juste ça pour lui faire plaisir, mais qu’au fond elle se sentait malheureuse avec tout, avec la vie, avec ses rêves, avec lui. Alors Léo fit démarrer l’automobile. On avait laissé la clé de contact dessus parce qu’on s’apprêtait à la sortir. Il appuya sur l’accélérateur et dans un mouvement décisif, alla s’éclater dans les vitrines de la galerie marchande. Sous les roues on entendit les gens hurler, les os se fracasser, la chair s’écraser, le tout dans un immense feu d’artifice d’éclats de verre brisé. Libérée soudain de ses rubans, de ses gardiens et des rêves qu’on s’acharnait à lui mettre sur le dos, l’automobile fonça avec lui, elle ne céda sous aucun choc. Ensemble ils s’accordaient merveilleusement bien. Ensemble ils cherchèrent la meilleure destination. Ils quittèrent la ville et choisirent un précipice au fond duquel Jocelyne, dans un dernier murmure, demanda à Léo si enfin il l’entendait, cette putain de ligne d’horizon. Mais Léo ne répondit pas. Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27
Egarement par Phylisse 
(en espérant que les parties en italiques le restent... ) Elle écoute filer l'onde qui tournoie, De ses doigts Elle enfile les secondes A la ronde [i]Inodore est le temps Qui se suspend Incolore est la voix Qui ondoie[/i] Elle porte sur la rive ombragée Ses pas lentement comptés Elle emmène avec elle Ses dentelles [i]Insensible est le jour Qui l'entoure Invisible est le soir Qui vient trop tard[/i] Elle chine aux heures claires Dans l'eau de la rivière Elle abreuve de sève Le moment qui s'achève [i]Insondable est le coeur Qui se meurt Impalpable est le rire Qui chavire[/i] Elle dérive aux écluses Qui la musent Elle ouvre son penchant Aux derniers tourments [i]Insoluble est le vide Qui se ride Insouciante est la raison Qui s'y fond...[/i] Elle coule aux pourtours De son âme Qui réclame L'indicible lueur Du bonheur Un message d'amour Qui descend l'autre rive Sur l'empreinte Encore mouillée D'un autre temps, Le temps de l'égarement... Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27

(en espérant que les parties en italiques le restent... ) Elle écoute filer l'onde qui tournoie, De ses doigts Elle enfile les secondes A la ronde [i]Inodore est le temps Qui se suspend Incolore est la voix Qui ondoie[/i] Elle porte sur la rive ombragée Ses pas lentement comptés Elle emmène avec elle Ses dentelles [i]Insensible est le jour Qui l'entoure Invisible est le soir Qui vient trop tard[/i] Elle chine aux heures claires Dans l'eau de la rivière Elle abreuve de sève Le moment qui s'achève [i]Insondable est le coeur Qui se meurt Impalpable est le rire Qui chavire[/i] Elle dérive aux écluses Qui la musent Elle ouvre son penchant Aux derniers tourments [i]Insoluble est le vide Qui se ride Insouciante est la raison Qui s'y fond...[/i] Elle coule aux pourtours De son âme Qui réclame L'indicible lueur Du bonheur Un message d'amour Qui descend l'autre rive Sur l'empreinte Encore mouillée D'un autre temps, Le temps de l'égarement... Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27
Il faut être avant d'exister par Serenity 
Bonjour pcc, "L'âme humaine naît vieille, mais rajeunit sans cesse. C'est la comédie de l'existence. Le corps humain naît jeune, mais ensuite il vieillit. C'est la tragédie de l'existence." Oscar Wilde A chaque instant de notre vie nous sommes tout autant ce que nous allons être que ce que nous avons été. Ce que nous sommes aujourd'hui est la résultante de ce que nous avons été hier, le temps ne doit se conjuguer qu'au présent, oublier le passé, ne pas songer à l'avenir libère de la contingence des évènements. "Celui qui sait ce qui est bon pour les autres et un être dangereux !" disait Nisargadattha je crois qu'il avait raison, nul ne peut imposer sa "foi" à quelqu'un, il ne peut qu'en témoigner. A l'autre de la recevoir ou pas... Il nous faut chercher pour trouver et c'est à chacun de tracer son chemin. Souvent les réponses nous sont données au moment même où nous avons oublié la question qui s'y rapportait. De notre propre nature chaque chose doit venir à nous, je sais qu'il ne sert à rien de dire à quelqu'un quelque chose qu'il ne ressent pas ou que son entendement ne peut concevoir (j'en ai fait l'expérience récemment). La vie entière est un paradoxe... nous croyons être libre alors que nous sommes prisonniers volontaires de la loi du désir (de nos désirs devrais-je dire). Eternel paradoxe de la vie humaine. Le secret de la vie est souffrance. Ce qui est caché derrière toute chose. La vie m'enseigne que reconnaître pleinement une âme humaine est l'ultime savoir auquel un être humain puisse parvenir. Nous sommes tant habitués à rechercher les plaisirs, à orienter tous nos désirs vers la réalisation de ceux-ci que nous finissons par affamer notre âme de la seule nourriture qui lui soit réellement vitale : la connaissance de soi, seule liberté véritable... et pourtant nous continuons d'habiter en une maison de servitudes. Nous élever spirituellement semble nous coûter... nous acceptons de mourir à la vie, mais n'acceptons pas de naître à nous-mêmes. Et chaque souffrance est une île déserte qui ne peut se diviser en saisons en voici pourtant quatre... « Etre - ouvrez la parenthèse, respirer les parfums d’un flacon débouché, Laissez, laissez son cœur s’enivrer d’un mensonge, Ne pas passer à gué, aimer les fleurs fanées, Naviguer en eaux troubles et voir « eau » miroir ce qui nous ronge. A - voir… sur un pilier que le vent longtemps de son œil ombragea, Où dansent les illusions ! L’esprit gourd s’évapore, et l’injuste se moire, Aux soleils aveugles de ses mornes pensées, son regard oblique, il se confie au soir, Sacrifie son hymen ! Il ne se repent pas, se couche comme le forçat et ne reste que las (l’A). Savoir - Et nos paupières closes nous portent conquérants en un pays lointain comme on monte au tombeau, Sans connaître l’angoisse, la honte, les remords, l’amertume, la folie de n’effeuiller nos fleurs, Faudrait-il encore en nos ailes ouvertes, ramener promptement l’imprudent voyageur ? Sur sa barque Caron l’infâme nous sourit, sa vivante carcasse nous dit : « Garde tes songes ! » Devenir – cette lente gourmandise nous tient longtemps en scène, Sortir d’une nuit sombre et lourde, aux cieux confier sa peine, reconnaître à la vie tant de frissons amers, En nos âmes inquiètes, nos prunelles opaques l’anathème se glisse et nous glace les veines, Oublier à jamais nos brumeuses saisons, en nos cœurs sereins laisser couler l’éther. Parce qu'arrive pour chacun dans l'existence un moment où le temps qui passe devient le temps qui reste... quand tu le voudras réellement tu te trouveras qui t'attend. (Fermer la parenthèse). Serenity. Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27

Bonjour pcc, "L'âme humaine naît vieille, mais rajeunit sans cesse. C'est la comédie de l'existence. Le corps humain naît jeune, mais ensuite il vieillit. C'est la tragédie de l'existence." Oscar Wilde A chaque instant de notre vie nous sommes tout autant ce que nous allons être que ce que nous avons été. Ce que nous sommes aujourd'hui est la résultante de ce que nous avons été hier, le temps ne doit se conjuguer qu'au présent, oublier le passé, ne pas songer à l'avenir libère de la contingence des évènements. "Celui qui sait ce qui est bon pour les autres et un être dangereux !" disait Nisargadattha je crois qu'il avait raison, nul ne peut imposer sa "foi" à quelqu'un, il ne peut qu'en témoigner. A l'autre de la recevoir ou pas... Il nous faut chercher pour trouver et c'est à chacun de tracer son chemin. Souvent les réponses nous sont données au moment même où nous avons oublié la question qui s'y rapportait. De notre propre nature chaque chose doit venir à nous, je sais qu'il ne sert à rien de dire à quelqu'un quelque chose qu'il ne ressent pas ou que son entendement ne peut concevoir (j'en ai fait l'expérience récemment). La vie entière est un paradoxe... nous croyons être libre alors que nous sommes prisonniers volontaires de la loi du désir (de nos désirs devrais-je dire). Eternel paradoxe de la vie humaine. Le secret de la vie est souffrance. Ce qui est caché derrière toute chose. La vie m'enseigne que reconnaître pleinement une âme humaine est l'ultime savoir auquel un être humain puisse parvenir. Nous sommes tant habitués à rechercher les plaisirs, à orienter tous nos désirs vers la réalisation de ceux-ci que nous finissons par affamer notre âme de la seule nourriture qui lui soit réellement vitale : la connaissance de soi, seule liberté véritable... et pourtant nous continuons d'habiter en une maison de servitudes. Nous élever spirituellement semble nous coûter... nous acceptons de mourir à la vie, mais n'acceptons pas de naître à nous-mêmes. Et chaque souffrance est une île déserte qui ne peut se diviser en saisons en voici pourtant quatre... « Etre - ouvrez la parenthèse, respirer les parfums d’un flacon débouché, Laissez, laissez son cœur s’enivrer d’un mensonge, Ne pas passer à gué, aimer les fleurs fanées, Naviguer en eaux troubles et voir « eau » miroir ce qui nous ronge. A - voir… sur un pilier que le vent longtemps de son œil ombragea, Où dansent les illusions ! L’esprit gourd s’évapore, et l’injuste se moire, Aux soleils aveugles de ses mornes pensées, son regard oblique, il se confie au soir, Sacrifie son hymen ! Il ne se repent pas, se couche comme le forçat et ne reste que las (l’A). Savoir - Et nos paupières closes nous portent conquérants en un pays lointain comme on monte au tombeau, Sans connaître l’angoisse, la honte, les remords, l’amertume, la folie de n’effeuiller nos fleurs, Faudrait-il encore en nos ailes ouvertes, ramener promptement l’imprudent voyageur ? Sur sa barque Caron l’infâme nous sourit, sa vivante carcasse nous dit : « Garde tes songes ! » Devenir – cette lente gourmandise nous tient longtemps en scène, Sortir d’une nuit sombre et lourde, aux cieux confier sa peine, reconnaître à la vie tant de frissons amers, En nos âmes inquiètes, nos prunelles opaques l’anathème se glisse et nous glace les veines, Oublier à jamais nos brumeuses saisons, en nos cœurs sereins laisser couler l’éther. Parce qu'arrive pour chacun dans l'existence un moment où le temps qui passe devient le temps qui reste... quand tu le voudras réellement tu te trouveras qui t'attend. (Fermer la parenthèse). Serenity. Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27
Le Grand pardon par Rivale 
Il est difficile de vivre avec les purs. Ils ne vous condamnent pas; ils vous pardonnent. Le pardon est plus terrible qu'un jugement. Les manquements à la pureté semblent alors un crime contre son moi d'enfant, son moi innocent, contre son âme. Et l'on connaît alors la terreur d'être frappé par la mort, ou la vieillesse, car c'est dans la conservation de la claire vision de l'âme que réside la jeunesse. La vieillesse est astigmate, myope, elle a une vision de cataracte née des impuretés. Je viens d'énoncer mon opinion. Or, aujourd'hui commence Kippour, la fête du grand pardon. Je vais la fêter avec les miens sans jeûner pour autant car je ne suis pas religieuse. C'est l'occasion d'être avec ma famille. Petite, en Tunisie, la fête de Kippour était une très belle fête. Nous reniflions toute la journée du jeûne un coing imprégné de clou de girofle. Puis grand-mère nous servait à Isabelle (ma soeur aînée) et moi, dans son petit réduit qu'était sa cuisine, un poulet exquis qui avait le goût de ce jour particulier. Enfin, nous allions dans un oratoire (une maison faisant office de synagogue) assiter aux prières et grand-père nous bénissait avec son talit. A Paris, c'est Papa qui a pris la relève. Papa n'est plus. C'est désormais Michel, mon cousin germain, qui assure cette fonction. Lévitique 16:30 : "Car en ce jour on fera l'expiation pour vous, afin de vous purifier: vous serez purifiés de tous vos péchés devant l'Éternel." La guerre du Kippour (en hébreu : מלחמת יום הכיפורים), aussi appelée guerre du Ramadan dans le monde arabe ou encore guerre d'octobre (en arabe حرب تشرين) ou guerre israélo-arabe de 1973 opposa, du 6 octobre au 24 octobre 1973, Israël à une coalition menée par l’Égypte et la Syrie. Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27

Il est difficile de vivre avec les purs. Ils ne vous condamnent pas; ils vous pardonnent. Le pardon est plus terrible qu'un jugement. Les manquements à la pureté semblent alors un crime contre son moi d'enfant, son moi innocent, contre son âme. Et l'on connaît alors la terreur d'être frappé par la mort, ou la vieillesse, car c'est dans la conservation de la claire vision de l'âme que réside la jeunesse. La vieillesse est astigmate, myope, elle a une vision de cataracte née des impuretés. Je viens d'énoncer mon opinion. Or, aujourd'hui commence Kippour, la fête du grand pardon. Je vais la fêter avec les miens sans jeûner pour autant car je ne suis pas religieuse. C'est l'occasion d'être avec ma famille. Petite, en Tunisie, la fête de Kippour était une très belle fête. Nous reniflions toute la journée du jeûne un coing imprégné de clou de girofle. Puis grand-mère nous servait à Isabelle (ma soeur aînée) et moi, dans son petit réduit qu'était sa cuisine, un poulet exquis qui avait le goût de ce jour particulier. Enfin, nous allions dans un oratoire (une maison faisant office de synagogue) assiter aux prières et grand-père nous bénissait avec son talit. A Paris, c'est Papa qui a pris la relève. Papa n'est plus. C'est désormais Michel, mon cousin germain, qui assure cette fonction. Lévitique 16:30 : "Car en ce jour on fera l'expiation pour vous, afin de vous purifier: vous serez purifiés de tous vos péchés devant l'Éternel." La guerre du Kippour (en hébreu : מלחמת יום הכיפורים), aussi appelée guerre du Ramadan dans le monde arabe ou encore guerre d'octobre (en arabe حرب تشرين) ou guerre israélo-arabe de 1973 opposa, du 6 octobre au 24 octobre 1973, Israël à une coalition menée par l’Égypte et la Syrie. Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27
Le mystère de Big Ben et des heures perdues de l'Europe par LangdonParisis 
Préambule: à tous ceux qui rêvent d'une faillite de leur banque les dispensant de rembourser leur crédit immobilier, je dis que leur banque sera simplement rachetée. Et maintenant, les choses sérieuses. "Un krach sire? Non une opportunité !" C'était la prose romantique à "Wall Street sur PCC" en janvier 2008. Dix mois déjà... Horreur, malheur... Le CAC 40 venait de passer sous les 4.800 points ! Depuis, l'opportunité s'est transformée en cauchemard. La valeur des 40 plus grosses boites tricolores a encore perdu 1.700 points. Dont les deux-tiers en trois jours. Depuis mercredi midi. Ce mercredi 8 octobre 2008, à l'heure de l'apéro, un silence assourdissant a résonné dans toutes les grandes capitales d'Europe. Pourtant... toutes les banques centrales du Monde venaient de baisser amplement leur taux d'intérêt, d'un même geste! Alleluila ! Dans la nuit, le gouvernement travailliste anglais avait même révélé avoir (enfin !) obtenu des huit plus grandes banques du pays la promesse (écrite) de lancer une augmentation de capital. En se disant persuadé que les autres pays européens allaient immédiatement l'imiter... Mais pas un (sauf l'Espagne) n'en a profité pour passer à l'action. L'annonce de Londres alliait le flegme (laisser officiellement aux banques jusqu'au 31 décembre pour réaliser l'augmentation de capital) à la diplomatie (leur donner le choix d'associer l'Etat, pour celles qui le souhaiteraient). Six jours plus tard, les dés sont jetés. Aucune des huit grandes banques anglaises n'a encore organisé d'augmentation de capital. Londres a donc déjà tranché pour cinq d'entre elles. La diplomatie n'a pas complètement disparu. Selon le Sunday Times, ce sont les dirigeants de ces cinq banques qui auront l'honneur d'annoncer demain la part de leur capital qui reviendra à l'Etat. La fuite dans la presse montre cependant qu'ils n'ont pas eu le choix. L'Etat a négocié tout le week-end. Et fixé un deadline. J'entends Big Ben qui sonne... c'est la folie à London! Londres donnera 35 milliards de livres sterling à ces cinq banques.... Pas pour l'engloutir dans l'achat de placements immobiliers spéculatifs. Non. Le contribuable recevra en échange... les nouvelles actions créées par ces banques, pour renforcer leurs capitaux propres. Sympa, non ? Euh.. 35 milliards de sterling, ça fait combien ? Plus de 41 milliards d'euros. En France, les augmentations de capital des banques totalisent 20 milliards d'euros depuis le début de la crise. Mais l'Angleterre n'est plus seule. Dès lundi, Berlin annoncera aussi une augmentation du capital des grandes banques allemandes, selon le quotidien Handelsblatt de samedi (2). Et aux Etat-Unis, ce principe est déjà acquis aussi, selon le New-York Times de ce week-end (3). Même Paris pourrait s'y mettre, apprend-on ce midi en catastrophe (4), même si c'est encore flou. Merci qui ? Merci le directeur général du FMI (Fonds monétaire international). Un "frenchy but chic", qui a toujours l'air de vous faire un discrêt clin d'oeuil... Il a tapé du poing sur la table vendredi. Et s'est invité au journal de 20 heures de France 2. Et pourquoi tout ce temps perdu, me direz vous ? Pour augmenter le capital d'une société, il faut une décision de ses dirigeants. Ou alors, une décision de l'Etat pour rendre cette augmentation obligatoire. Comme les dirigeants sont actionnaires, la plupart du temps, ils n'ont aucun intérêt personnel à augmenter le capital de leur banque. En tout cas sur le plan de leur patrimoine personnel. Pour l'une des banques britanniques, l'action a tellement baissé que l'entreprise ne vaut plus que 15 milliards de sterling. Pour augmenter le capital de 15 milliards, il faut donc doubler le nombre d'actions. Cela veut dire qu'en cas de retour à meilleure fortune, le bénéfice par action sera mécanniquement divisé par deux. Le problème s'était déjà posé. Après la faillite de plusieurs banques, dont celle du Crédit Lyonnais, au début des années 90, une norme internationale avait obligé les banques à augmenter systématiquement leurs capitaux propres, pour assurer que ceux-ci représentent au moins 8% des prêts. Le plan annoncé par Londres dès mercredi est révolutionnaire. De fait, il fait remonter ce ratio à 11,5%. Un ratio de capitalisation de 11,5% au lieu de 8%, celà veut dire 50% d'action en plus. Et donc les futurs bénéfices à diviser entre un nombre d'actions plus élevé de 50%. La conséquence est trop affreuse. J'ose à peine vous en parler. La possibilité de hausse des cours de Bourse des banques sera réduite d'environ 50%. Et plein de stock-options ne pourront jamais être exercées. Jamais... C'est vraiment trop injuste ! Vous imaginez les députés français voter un jour une loi rendant obligatoire ce seuil de 11,5%... Personnellement, je leur conseillerai plutôt de voir large et de le fixer à 20%. Mais si j'étais actionnaire d'une banque, mon jugement serait peut-être différent. Ceux qui rigolent moins, c'est les patrons de la banque américaine Morgan Stanley. Ils avaient choisi une banque japonaise, Mitsubishi UFJ Financial Group, pour apporter 9 milliards de dollars en échange de la création de nouvelles actions, afin d'augmenter les fonds propres de 20%. L'action ayant perdu 70% en trois jours, c'est 60% de son capital que Morgan Stanley va devoir donner pour récolter la même somme de 9 milliards d'euros! Arghhh !!! Trois jours qui valaient de l'or... et qui ont fait naître la rumeur que l'Etat américain serait lui aussi obligé de taper sur la table, face à l'aveuglement des dirigeants des banques, persuadés que les cours allaient remonter. Trois jours qui ont finalement permis de débloquer ces conflits d'intérêts qui traînaient depuis deux ans. On connait à peu près l'ampleur de la crise des subprime depuis septembre 2006, date d'un discours détaillé du président de la Réserve fédérale américaine, qui réclamait un durcissement des règles. Deux ans pour augmenter le capital d'une société menacée de faillite... c'est à peu près le temps nécéssaire lorsque ses dirigeants ont des stock-options et que l'Etat répondait aux abonnés absents. Mais tout ça c'était avant le krach.... (1) http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20081012/tbs-crise-gb-banques-7318940.html (2) http://fr.news.yahoo.com/afp/20081011/tbs-l-allemagne-va-approuver-des-lundi-u-f41e315.html (3) http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20081011/tbs-usa-banques-7318940.html (4) http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20081012/tts-crise-france-gouvernement-urgent-ca02f96.html (5) http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20081011/tbs-bourse-morgan-stanley-7318940.html Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27

Préambule: à tous ceux qui rêvent d'une faillite de leur banque les dispensant de rembourser leur crédit immobilier, je dis que leur banque sera simplement rachetée. Et maintenant, les choses sérieuses. "Un krach sire? Non une opportunité !" C'était la prose romantique à "Wall Street sur PCC" en janvier 2008. Dix mois déjà... Horreur, malheur... Le CAC 40 venait de passer sous les 4.800 points ! Depuis, l'opportunité s'est transformée en cauchemard. La valeur des 40 plus grosses boites tricolores a encore perdu 1.700 points. Dont les deux-tiers en trois jours. Depuis mercredi midi. Ce mercredi 8 octobre 2008, à l'heure de l'apéro, un silence assourdissant a résonné dans toutes les grandes capitales d'Europe. Pourtant... toutes les banques centrales du Monde venaient de baisser amplement leur taux d'intérêt, d'un même geste! Alleluila ! Dans la nuit, le gouvernement travailliste anglais avait même révélé avoir (enfin !) obtenu des huit plus grandes banques du pays la promesse (écrite) de lancer une augmentation de capital. En se disant persuadé que les autres pays européens allaient immédiatement l'imiter... Mais pas un (sauf l'Espagne) n'en a profité pour passer à l'action. L'annonce de Londres alliait le flegme (laisser officiellement aux banques jusqu'au 31 décembre pour réaliser l'augmentation de capital) à la diplomatie (leur donner le choix d'associer l'Etat, pour celles qui le souhaiteraient). Six jours plus tard, les dés sont jetés. Aucune des huit grandes banques anglaises n'a encore organisé d'augmentation de capital. Londres a donc déjà tranché pour cinq d'entre elles. La diplomatie n'a pas complètement disparu. Selon le Sunday Times, ce sont les dirigeants de ces cinq banques qui auront l'honneur d'annoncer demain la part de leur capital qui reviendra à l'Etat. La fuite dans la presse montre cependant qu'ils n'ont pas eu le choix. L'Etat a négocié tout le week-end. Et fixé un deadline. J'entends Big Ben qui sonne... c'est la folie à London! Londres donnera 35 milliards de livres sterling à ces cinq banques.... Pas pour l'engloutir dans l'achat de placements immobiliers spéculatifs. Non. Le contribuable recevra en échange... les nouvelles actions créées par ces banques, pour renforcer leurs capitaux propres. Sympa, non ? Euh.. 35 milliards de sterling, ça fait combien ? Plus de 41 milliards d'euros. En France, les augmentations de capital des banques totalisent 20 milliards d'euros depuis le début de la crise. Mais l'Angleterre n'est plus seule. Dès lundi, Berlin annoncera aussi une augmentation du capital des grandes banques allemandes, selon le quotidien Handelsblatt de samedi (2). Et aux Etat-Unis, ce principe est déjà acquis aussi, selon le New-York Times de ce week-end (3). Même Paris pourrait s'y mettre, apprend-on ce midi en catastrophe (4), même si c'est encore flou. Merci qui ? Merci le directeur général du FMI (Fonds monétaire international). Un "frenchy but chic", qui a toujours l'air de vous faire un discrêt clin d'oeuil... Il a tapé du poing sur la table vendredi. Et s'est invité au journal de 20 heures de France 2. Et pourquoi tout ce temps perdu, me direz vous ? Pour augmenter le capital d'une société, il faut une décision de ses dirigeants. Ou alors, une décision de l'Etat pour rendre cette augmentation obligatoire. Comme les dirigeants sont actionnaires, la plupart du temps, ils n'ont aucun intérêt personnel à augmenter le capital de leur banque. En tout cas sur le plan de leur patrimoine personnel. Pour l'une des banques britanniques, l'action a tellement baissé que l'entreprise ne vaut plus que 15 milliards de sterling. Pour augmenter le capital de 15 milliards, il faut donc doubler le nombre d'actions. Cela veut dire qu'en cas de retour à meilleure fortune, le bénéfice par action sera mécanniquement divisé par deux. Le problème s'était déjà posé. Après la faillite de plusieurs banques, dont celle du Crédit Lyonnais, au début des années 90, une norme internationale avait obligé les banques à augmenter systématiquement leurs capitaux propres, pour assurer que ceux-ci représentent au moins 8% des prêts. Le plan annoncé par Londres dès mercredi est révolutionnaire. De fait, il fait remonter ce ratio à 11,5%. Un ratio de capitalisation de 11,5% au lieu de 8%, celà veut dire 50% d'action en plus. Et donc les futurs bénéfices à diviser entre un nombre d'actions plus élevé de 50%. La conséquence est trop affreuse. J'ose à peine vous en parler. La possibilité de hausse des cours de Bourse des banques sera réduite d'environ 50%. Et plein de stock-options ne pourront jamais être exercées. Jamais... C'est vraiment trop injuste ! Vous imaginez les députés français voter un jour une loi rendant obligatoire ce seuil de 11,5%... Personnellement, je leur conseillerai plutôt de voir large et de le fixer à 20%. Mais si j'étais actionnaire d'une banque, mon jugement serait peut-être différent. Ceux qui rigolent moins, c'est les patrons de la banque américaine Morgan Stanley. Ils avaient choisi une banque japonaise, Mitsubishi UFJ Financial Group, pour apporter 9 milliards de dollars en échange de la création de nouvelles actions, afin d'augmenter les fonds propres de 20%. L'action ayant perdu 70% en trois jours, c'est 60% de son capital que Morgan Stanley va devoir donner pour récolter la même somme de 9 milliards d'euros! Arghhh !!! Trois jours qui valaient de l'or... et qui ont fait naître la rumeur que l'Etat américain serait lui aussi obligé de taper sur la table, face à l'aveuglement des dirigeants des banques, persuadés que les cours allaient remonter. Trois jours qui ont finalement permis de débloquer ces conflits d'intérêts qui traînaient depuis deux ans. On connait à peu près l'ampleur de la crise des subprime depuis septembre 2006, date d'un discours détaillé du président de la Réserve fédérale américaine, qui réclamait un durcissement des règles. Deux ans pour augmenter le capital d'une société menacée de faillite... c'est à peu près le temps nécéssaire lorsque ses dirigeants ont des stock-options et que l'Etat répondait aux abonnés absents. Mais tout ça c'était avant le krach.... (1) http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20081012/tbs-crise-gb-banques-7318940.html (2) http://fr.news.yahoo.com/afp/20081011/tbs-l-allemagne-va-approuver-des-lundi-u-f41e315.html (3) http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20081011/tbs-usa-banques-7318940.html (4) http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20081012/tts-crise-france-gouvernement-urgent-ca02f96.html (5) http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20081011/tbs-bourse-morgan-stanley-7318940.html Les commentaires cinema de Pointscommuns.com, 2008-10-13 03:44:27




